Pour ce dernier rendez-vous de la saison avant la tournée outre-mer, les pilotes se sont donnés rendez-vous au MotorLand Aragon situé non loin de la ville d’Alcañiz. Ce tracé semble niché au beau milieu du désert dans un décor de savane qui le rend atypique.

Les pneus… encore

Une fois encore, Michelin propose une nouvelle gamme de pneus en MotoGP. Leur nom de code ? À l’avant : 34P (tendre), 34V (médium tendre), 34K (médium dur) et un nouveau, le 56A (extradur). À l’arrière : C (médium) et G (dur). Si pour les médias, il est difficile de s’y retrouver, c’est aussi le cas des équipes et des pilotes, “Nous connaissons les deux moitiés du pneu si nous les prenons une par une,” nous confie Loris Baz. “Combinées, ces deux moitiés forment un nouveau pneu complet.”

Michelin continue son développement au fur et à mesure de la saison et “[Contrairement au Bridgestone] Il est difficile de retrouver le même feeling d’un circuit à un autre,” explique Marc Marquez, auteur du deuxième temps aujourd’hui. “L’avant [Brigestone] était meilleur et nous permettait de rentrer plus fort en virage. Pour Michelin, c’est l’arrière qui est meilleur, mais qui est tellement bon qu’il a tendance à pousser l’avant. Michelin se rapproche progressivement de Bridgestone.” Ce qui explique les évolutions apportées à chaque Grand Prix.

À Misano, Michelin proposait une structure plus dure (stiffer), un facteur clé dans la victoire de Dani Pedrosa, mais cette option n’est pas proposé à l’allocation en Aragon ce week-end. “Lorsque vous utilisez la structure plus dure, celle-ci ne change pas en roulant,” explique Pedrosa, meilleur temps ce vendredi. “Avec la structure plus tendre [comme ce week-end], le pneu évolue sur les phrases de freinage. Ainsi, si vos réglages ne sont pas corrects ou votre style n’est pas bon, votre feeling change tout le temps. Nous avons appris certaines choses à Misano et nous essayons de nous adapter au mieux au pneu standard, mais le feeling n’a pas été bon et nous devons encore travailler sur ce point. De même, à l’arrière, nous devons travailler sur le grip.” (voir texte intégral ici)

Pedrosa précise avoir fait un bond en avant en Autriche au sujet de l’électronique, “Nous avons eu quelques améliorations, mais rien depuis. Nous sommes plus familiers avec l’électronique et nous pouvons mieux nous adapter et cela fonctionne mieux qu’auparavant.”

Du côté de Yamaha, c’est encore une histoire de pneus qui a perturbé Jorge Lorenzo, “Notre potentiel est bien meilleur que ce que notre position reflète,” explique Lorenzo, 7e temps de la journée. “L’avant génère beaucoup de vibrations, en particulier le pneu le plus dur. Le médium dur (34K) générait beaucoup de vibrations et j’ai dû arrêter après deux tours. J’ai essayé le médium tendre (34V). Les vibrations sont moins importantes, mais ce n’est pas parfait. Je pense qu’avec un pneu avant neuf, j’aurais pu progresser de trois ou quatre dixièmes. Nous devons encore progresser, en particulier sur les entrées de virages. Je ne pouvais pas stopper la moto.”

Le dépassement à Misano

Plusieurs jours se sont écoulés depuis Misano, mais Lorenzo est toujours convaincu que le dépassement de Rossi était trop agressif, ce à quoi Rossi répond, “Si nous devons parler de cela après deux semaines, nous gaspillons notre temps. C’est comme une blague. J’ai doublé Lorenzo avec la moto entière 20 mètres minimum avant d’entrer dans le virage. Si vous regardez les images, il est clair qu’il m’a vu, mais il a voulu couper la trajectoire.”

“Il s’attendait à ce que j’élargisse. Si on doit discuter de ce dépassement, alors on ne doit plus jamais se doubler (rires). C’est mon point de vue.”

La relation, aussi infime soit-elle, qui pouvait exister entre Lorenzo et Rossi semble bel et bien terminée, un peu comme en 2010 lorsque Rossi a laissé Yamaha pour Ducati, “Pour moi, la situation a changé après les trois dernières courses de l’année dernière. C’est quelque chose qui n’a jamais été réglé, et c’est comme ça,” regrette Rossi. “Mais c’est mieux qu’en 2009 et 2010, car nous sommes plus vieux, nous sommes plus matures, nous sommes des pilotes professionnels. Nous savons que nous devons travailler ensemble et rester ensemble. Pour moi, l’important est que votre relation ou ce que vous pensez reste en dehors de la piste, en dehors du box, et vous devez essayer de faire le maximum.” (voir texte intégral ici)

Iannone déclare forfait

Blessé au dos durant la FP1 à Misano, Andrea Iannone avait pourtant obtenu le feu vert hier pour reprendre le guidon de sa Ducati D16 GP au MotorLand Aragon.

Mais après la première séance d’essais libres durant laquelle il a beaucoup souffert de douleurs, l’Italien a décidé de ne pas prendre part à la suite du week-end, “C’est une décision vraiment difficile d’arrêter le week-end à ce stade,” se lamente Iannone. “J’ai eu beaucoup de douleurs après seulement trois ou quatre tours, en particulier durant les freinages et les accélérations. Je devais m’arrêter pour me détendre et reprendre. Je pense que cela aurait été très difficile de contrôler la moto sur la distance de la course qui compte plus de 20 tours.”

“Ma force durant la course aurait baissé et piloter sans contrôle est vraiment dangereux. Évidemment, avec les antidouleurs, cela va beaucoup mieux, mais après la course dimanche, la situation aurait été bien pire. Je préfère m’arrêter dès maintenant et récupérer au mieux pour la suite de la saison. Nous allons enchainer trois courses consécutives et il est vraiment important d’être à 100%.”

Le médecin du circuit à Misano avait-il finalement raison de déclarer l’Italien inapte (avant même de l’examiner) ? Toujours est-il que Iannone espère être de retour en pleine forme au Japon dans moins de 15 jours.

Tu veux mes doigts ?

À Misano, Rossi a été gêné par Aleix Espargaro durant les essais libres. L’Italien s’est quelque peu énervé jusqu’à présenter un doigt d’honneur au pilote Suzuki. Ce geste n’a pas plu à la FIM qui a décidé d’ajouter un article au règlement à ce sujet, sanctionnant les dérives et les insultes en piste, “Il m’a dit “fuck you,” déclare Rossi.

“Mon erreur a été de faire un doigt d’honneur, mais à part ça, j’étais à 100% dans mon droit. C’est vrai que vous ne pouvez pas faire ça, mais d’un autre côté, quand un pilote est en piste, il doit faire attention aux autres pilotes. Sinon, ce n’est pas correct.” (voir texte intégral ici)

À l’annonce de ce point de règlement plusieurs pilotes, dont Lowes ou Baz, se sont amusés à la tourner en dérision sur les réseaux sociaux, “Bientôt, nous ne pourrons plus rien dire,” nous confie le Français.

2017…

Ce vendredi matin, Fabio Quartararo a officiellement annoncé son passage en Moto2 avec l’équipe Pons. Le Français a signé un contrat de deux ans avec l’une des meilleures équipes du plateau Moto2 qui a révélé Pol Espargaro, Tito Rabat ou encore Maverick Viñales et Alex Rins récemment, “Avoir l’opportunité de travailler avec Sito et son équipe est un rêve,” déclare le Français. “Je suis convaincu que cette catégorie convient parfaitement à mon style de pilotage ; c’est une catégorie très disputée et j’ai bien conscience du travail que nous avons à faire pour arriver au top.” 

Quartararo rejoindra ainsi Jorge Navarro, Francesco Bagnaia, Andrea Locatelli et Brad Binder qui feront également le saut en Moto2.

Toujours en Moto2, l’équipe CarXpert ne devrait finalement pas aligner quatre motos l’an prochain. Tom Luthi ayant déjà signé, l’équipe devrait continuer avec Dominique Aegerter qui a déjà le contrat en sa possession. Des détails d’ordre technique sont encore à régler puisque le Suisse cherche à obtenir une Suter, mais Luthi et Iker Lecuona disposeront de Kalex. Tetsuta Nagashima aurait pu être le 4e pilote de l’équipe, mais il semble qu’elle ne puisse pas obtenir de 4e place sur la grille.

L’équipe Leopard pourrait se séparer en deux équipes (ou disparaître) et rendre les commandes à Stefan Kiefer qui pourrait continuer avec Danny Kent (et Simone Corsi, en discussion). Pour le moment, rien n’est décidé et les discussions changent chaque heure. Si l’équipe Leopard Racing continue en Moto2, les rumeurs voient le passage de Kalex à Suter.

En Moto3, deux guidons Mahindra restent encore à pourvoir sur les six que la firme indienne proposera en 2017 : un chez Aspar, le second au CIP. Albert Arenas est en discussion avec Aspar tout comme Maria Herrera. Du côté du CIP, Alain Bronec pourrait s’offrir les services d’Enzo Boulom qui pourrait être soutenu par la FFM et ainsi alimenter le vivier de pilotes français présents en Grand Prix.

Le CIP n’exclut pas encore totalement de perdre Tatsuki Suzuki puisque le Japonais essaiera la nouvelle Mahindra 2017 ce lundi.