Entre la félicité et le désespoir, la marge est ténue en MotoGP. Le staff de Borgo Panigale l’a constaté en regardant ses deux pilotes sur les sentiers de la gloire en Argentine avant qu’après un battement de cil il contemple un champ de ruine. Du coup, de retour à l’hôtel, tout le monde s’est couché tôt chez Ducati.

C’est même le directeur Paolo Ciabatti lui-même qui a envoyé tout le monde au lit : « cela aurait dû être une belle nuit en buvant des bières tous ensemble pour fêter le podium et un beau week-end puisque Chaz Davies a gagné en Superbike. Au lieu de ça, on est allé au lit très tôt ». Mais l’ironie se craquelle vite devant la poussée de la déception : « tenter un dépassement très osé dans le dernier virage, c’est concevable lorsque l’objectif est de gagner l’ultime course. Je ne crois pas que ce soit utile dans la seconde pour être deuxième alors que l’on est troisième. C’est le seul regret que l’on ait ».

Et c’est déjà pas mal, parce-qu’il y a l’essentiel dedans : l’esprit d’équipe, le discernement, le sens de l’intérêt général. Autant de valeurs qui tiennent à cœur à un certain Gigi Dall’Igna : « que puis-je dire ? Cela aurait dû être une journée radieuse. Mais ça n’a pas tourné ainsi. Nos deux pilotes ne se sont pas touchés, certes, mais Iannone n’aurait jamais pu prendre ce virage de toute façon, il avait trop de vitesse » commente Gigi sur GPOne.

« S’il n’était pas tombé, il aurait mis Dovi dehors. Il n’aurait jamais dû tenter ça. Je comprends qu’un pilote tente tout pour gagner. Mais il a besoin de commencer à penser à l’équipe. A tous ceux qui, y compris à l’usine, travaille des heures pour les pilotes » termine l’homme de la technique. Oui, l’action de Iannone laissera des traces.