Jorge Lorenzo pensait avoir connu sa pire course aux Pays-Bas en 2014. Une prestation piteusement terminée à une anonyme treizième place après une neuvième place qualificative. Mais 2016 a montré que le pire est toujours à venir. Parti dixième, le Majorquin a fini son calvaire à la même position à la faveur des nombreux abandons. Et encore, il s’est forcé pour voir l’arrivée, car le triple Champion du Monde ne cache pas qu’il avait envie de rentrer à la maison avant le terme du Grand Prix.

Un aveu à la Lorenzo, dans toute sa transparence, sa candeur et son énormité. En 2014, il avait avoué sa peur sur une piste qui l’avait fait physiquement souffrir dans les mêmes conditions humides en 2013. Depuis, on pensait le mal exorcisé. Mais que nenni. Il est toujours bien ancré chez l’homme qui prend alors le dessus sur le pilote qui sombre véritablement : «lors de la première course, j’étais de plus en plus lent, je ne me sentais pas en sécurité, je n’y voyais rien. Pour éviter de tomber j’ai dû ralentir encore. J’étais loin de tout le monde. J’étais 19ème, je n’avais aucun point à gagner, je prenais des risques pour rien et j’ai pensé rentrer au stand et m’arrêter. Heureusement, je ne l’ai pas fait et j’ai pu repartir ».

Repartir oui, mais pour le même enfer : « lors de la seconde partie, avec les pneus tendres et une piste moins mouillée, j’étais mieux mais je restais un des pilotes les plus lents. J’étais avec Viñales et Laverty et la seule chose que j’essayais de faire était de ne pas tomber. Je faisais de mon mieux, j’attaquais, mais la moto n’arrêtait pas de m’envoyer des signaux m’informant que j’étais à la limite. Rallier l’arrivée était tout ce que je pouvais espérer. Et si j’ai gagné des places, c’est parce qu’il y a eu des abandons ».

Maintenant, avec un Rossi jouant la gagne devant avec la même moto, il faut comprendre les raisons de ce naufrage. Encore une panne de moral ? Por Fuera a une autre idée : « je pense que ça vient de mes sensations avec l’avant. Mon style de pilotage s’appuie essentiellement sur l’avant de la moto et je souffre donc plus que les autres lorsque je ne suis pas à l’aise avec le pneu avant que je sollicite dans mes freinages et de par ma position sur la moto. A l’arrivée, j’ai inspecté mon pneu et il était comme neuf. Je ne suis pas capable de changer instantanément de style de pilotage, et notamment lors des entrée dans les virages ».

Il ajoute : « lorsque j’ai de l’adhérence sur l’avant, je peux être le plus rapide de tous, je l’ai par exemple démontré au Motegi. Mais dans le cas contraire, je peux me retrouver dernier ». Un message clair qui devra être pris en compte chez Ducati. Au passage, Jorge Lorenzo a parfaitement exposé ses limites.

Le voilà à présent à 24 points d’un Marc Márquez second de la course mais vainqueur dans l’optique du titre mondial : « cela aurait pu être pire » rassure l’Espagnol. « J’aurais pu, par exemple, chuter comme Rossi et n’avoir aucun point. J’étais le plus lent, mais je marque six points importants. J’ai déjà perdu un titre pour quatre points en 2013. Au Mans, j’avais un retard de 20 points. A Montmélo j’ai perdu neuf ou dix points, mais là j’en ai gagné six. On verra la prochaine fois en pneus tendres sous la pluie. Tout le monde est à la limite, tout le monde peut faire des erreurs et ne rien marquer. Comme Rossi aujourd’hui ».

Mais quel est l’objectif et qui est l’adversaire désigné de Lorenzo cette saison ?

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