Jack Miller a bousculé bien des certitudes et biffer pas mal de doutes à son sujet en remportant avec panache un Grand Prix des Pays-Bas disputé par des conditions dantesques. Du genre de ceux vécues en Argentine où il avait brillé mais sans voir l’arrivée ce qui avait apporté de l’eau au moulin de ceux qui pensaient au sacrifice d’un talent envoyé trop précocement sur le front MotoGP. Parmi eux, Valentino Rossi.

Venu directement du Moto3 au terme d’une saison 2014 au titre raté au profit d’Alex Márquez, l’Australien de 21 ans incarne un projet Honda qui était jusqu’à ce dimanche considéré comme une folie. Faire passer directement un pilote d’une machine monocylindre 4 temps de 250cc à un missile sol-sol de plus de 250 ch était une perspective que d’aucuns ont même considéré comme dangereuse.

C’est dans ce contexte que Jack Miller a dû apprendre son métier, épaulé par un Cristian Gabarini que recherche aujourd’hui Lorenzo pour l’aider dans sa future aventure Ducati. Une saison chez LCR puis la seconde avec le team Marc VDS Racing, et toujours avec une Honda. Cette année, il s’est brisé une jambe droite à l’entrainement avec une motocross ce qui l’a poussé à déclarer forfait pour Austin. Jusqu’au dimanche de la course à Assen, l’équipier d’un Rabat ancienne terreur du Moto2 ne faisait pas des étincelles avec une qualification à la 19ème place seulement.

Et puis il y a eu ce Grand Prix sur lequel on ne reviendra pas. Une revanche d’autant plus savoureuse que vraiment inattendue pour le héros qui ne pouvait s’empêcher de faire référence à ces doutes et ces critiques pour mieux les balayer avec sa coupe du vainqueur. De quoi commenter et Valentino Rossi, malgré la déception d’un troisième abandon cette saison, ne s’est pas caché derrière son petit doigt au moment de livrer son avis : « il a pris un gros risque en venant directement en MotoGP et de mon point de vue, franchement, je me suis demandais si c’était le bon choix à faire. Mais avec cette victoire, peut-être qu’il avait finalement raison et moi tort ! »

« Cette victoire de Jack est la seule chose positive que je tirerais de ce dimanche à Assen. Nous avons de bonnes relations, je l’apprécie beaucoup, surtout quand il boit avec sa botte sur le podium, et je suis heureux pour lui. Il le mérite surtout après sa blessure en début de saison. C’est bon gars et il a du talent ». Le voilà adouber. Maintenant, le débat sur le moment opportun d’accéder à l’élite est relancé. Avant cette victoire, les tenants d’une maturité à affermir patiemment avec titres et victoires gagnaient du terrain sur les obsédés de seul âge mentionné sur l’état civil. Depuis ce dimanche, tout est remis à plat.

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