En abordant ce qui devrait être sa dernière saison en Moto3, Alexis Masbou était radieux. Pensez-donc, un Français sur une machine au nom de Peugeot bien de chez nous, ça titille les sens, ça donne des trémolos dans la voix et ça appelle à la responsabilité. Sans doute mais si impossible n’est pas Français, c’est Indien. Car la moto n’est autre qu’une Mahindra dont la dernière version est très loin de donner satisfaction.

On pourrait même parler de rater pour cette Mahindra qui, non seulement est en manque de vélocité, mais, en plus, a des soucis récurrents de fiabilité de boite de vitesses. Qui plus est, dans le cas la Peugeot – un nom à présent indien car Mahindra en est propriétaire pour 51 % – on évolue au sein d’une équipe autrefois appelée Racing Team Germany dont les protagonistes, encore en place, ne sont pas complètement sortis de leurs soucis financiers qui tournent actuellement à l’enquête judiciaire.

Bref, pour Alexis Masbou, ce n’est pas l’aventure à vivre lorsque l’on atteint la limite d’âge alors que l’équipier McPhee n’est pas mieux loti. Heureusement pour l’Ecossais, il y a la pluie qui lui permet de faire parler son aisance dans les conditions difficiles. On l’a vu en Argentine, avec une septième place finale qui tient du miracle.

Mais pour notre double vainqueur de Grands Prix, la planche de salut est difficile à saisir. Alors il se bat avec ce qu’il a et à Austin, il s’est défoncé pour finir seizième : « nous y avons fait une bonne course car on avait un rythme pas si éloigné des pilotes de tête. Mais ça nous obligeait à être tout le temps à la limite et rouler comme ça à chaque tour ne vous laisse pas beaucoup de marge d’erreur. J’ai donc fait des fautes et j’ai perdu le contact avec le groupe devant moi ».

« J’ai retrouvé mon rythme après, mais il n’était pas assez rapide pour refaire la jonction avec ceux qui jouaient le top 10. Je me suis battu pour garder ma place et j’ai fini seizième, à la porte des points, ce qui reste une déception. Il y a quand même du positif car je ne dois pas ma place à des accidents devant moi. On ira chercher les points à Jerez aussi à la régulière ».

Alexis Masbou ne baisse donc pas les bras et s’il met en boite la vitesse de sa Peugeot indienne, le team manager lui ne décolère pas contre l’incapacité de Mahindra à résoudre ses problèmes de boite de vitesses.

Terrell Thien n’y va pas par quatre chemins : « pendant tout le week-end à Austin, on a tourné en rond. Nos pilotes ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient, mais maintenant, il faudrait que Mahindra aille faire ses devoirs. Cela fait plus d’un an que ce problème de boite est connu. Il nous fait maintenant une solution et tout de suite encore. Il n’y a plus d’excuses à fournir car on travaille sur ce problème depuis des semaines. Mc Phee a eu des problèmes, Alexis a été gêné par ce problème, Jorge Martin chez Aspar a cassé sa boite et la chute d’Hanika est sans doute due à ça ».

L’ambiance se tend donc dans le clan Mahindra. Maintenant, le même Thien trouve quelques points positifs : « à Austin, on n’a pas trop souffert de la puissance. On en avait assez pour rester dans l’aspiration de nos adversaires. Mais il nous manque encore de l’accélération en sortie de courbes. Le châssis n’est pas mal non plus. Mais le problème principal, c’est la transmission qui retombe trop souvent au point mort ». Ce qui est aussi un risque pour les pilotes.
Pour une dernière, Alexis Masbou n’est décidément pas gâté.