C’est l’une des scènes qui ont égayé une édition du Grand Prix de la République Tchèque riche en rebondissements. Celle qui s’est déroulée dans le box LCR lors des qualifications, et qui a mis en scène Lucio Cecchinello, deux médecins visiblement inquiets et un Cal Crutchlow en plein travail mais objet de toutes les attentions sans que ce dernier n’y porte la moindre attention… La raison ? Les toubibs soupçonnaient une fracture de la vertèbre T6 pour le pilote qui avait fait l’aller et le retour à l’hôpital sans passer par la case radio…

Cal Crutchlow comme Marc Márquez avait chuté le matin sur les traces de liquide laissées par la Ducati de Bautista qui était également tombé. La visite médicale de contrôle a eu lieu et un premier examen sur le circuit a soupçonné la fracture d’une vertèbre pour le Britannique. De quoi inquiéter, effectivement, et une expertise plus poussée à l’hôpital s’imposait.

Le reste, c’est Crutchlow qui l’explique… « J’avais la possibilité d’aller faire ses examens avant les essais ou dans la soirée. J’ai choisi d’y aller au plus tôt car on m’a dit que ça ne durerait qu’une heure et que je serais de retour pour les qualifications. Je suis donc allé à l’hôpital, je me suis assis dans la salle d’attente, j’ai vu un docteur et je suis entré dans la salle pour faire les radios… Et là, il n’y avait personne ! Alors je suis parti pour faire les qualifications. C’est pour ça qu’après, il y avait une certaine confusion ».

Une confusion aggravée par le fait que Crutchlow ait reçu le quitus médical du circuit pour faire son travail alors que le patron de la clinique mobile était le premier inquiet et tentait de dissuader le Britannique de continuer… Une ineptie de plus à verser au dossier des innombrables événements de Brno qui ont trahi une réelle fébrilité dans le paddock MotoGP.

« Je suis un pilote de course et je suis retourné à ma moto, c’est aussi simple que ça. Ils ne pouvaient pas m’arrêter parce que les médecins du circuit m’avaient autorisé à rouler ». Pourtant, Dorna avait sorti ses sommités : Dr. Charte, Dr. Mir et le docteur Zasa. Mais il en faut bien plus pour impressionner le pilote LCR qui a fait ensuite le cinquième temps avant de réaliser la cinquième place le dimanche.

« Je respecte ce corps médical, ce sont de très, très bons docteurs, ce qu’ils m’ont dit et ce qu’ils ont fait est juste et j’ai une totale confiance en eux. Mais c’est à moi de prendre la décision. Est-ce que je dois prendre un risque avec mon dos en faisant une qualification avec ? J’ai pris la décision en faisant la qualification. Mais que veulent-ils de moi ? Je suis ici pour courir et je me sentais bien ».

Au final, après un examen le soir du samedi, aucune mauvaise fracture n’a été décelée et Cal Crutchlow, le lendemain, a pu faire son métier… L’Anglais est étranger au principe de précaution et autre droit de retrait, et c’est un bienfait.