Hervé Poncharal a toujours parlé avec sincérité et sans langue de bois. Quand les choses vont bien pour l’équipe française Tech3, il nous partage sa joie et sa passion. Mais quand tout se déroule moins bien que prévu, il sait aussi appeler un chat un chat et reconnaître ce qui n’a pas fonctionné !

Cela a été le cas aujourd’hui à la suite de la double erreur commise par l’équipe Tech3 dans sa globalité, lors de ce Grand Prix de la République tchèque. Une seconde moto pas prête pour Jonas Folger, et un passage par les stands bien trop tardifs pour Johann Zarco.

Hervé Poncharal : « Aujourd’hui, nous ne sommes pas heureux après la course des MotoGP. J’estime que nous avons bien travaillé pendant le week-end, bien que nos positions en qualification ne soient pas idéales. Pourtant, nous savions que la météo serait difficile et les conditions de piste pourraient nous être profitables. Jonas était très rapide et ceci, il l’a montré à chaque session, particulièrement aux bons moments. Bien qu’il n’ait pas réussi à faire un chrono rapide pour la qualification, son allure était vraiment motivante et prometteuse. Il a fait un départ correct, mais le grand tournant de la course pour l’équipe Tech3 a été quand Jonas est rentré au box et que la moto avec les pneus slicks n’était pas prête. Il a donc dû faire encore un tour supplémentaire, ce qui a mis à mal le moindre espoir de se battre pour une bonne position. J’ai été encore plus déçu quand j’ai vu les temps qu’il réalisait, parce que son rythme était rapide, et je ne veux pas parler de ce qui pourrait avoir été, mais si vous regardez ses chronos, alors il aurait été dans le groupe de tête et cela aurait été à coup sûr un podium. Je suis vraiment mécontent de cette situation, et dans cette sorte de course, vous la perdez ou vous la gagnez avec la stratégie, et la moto aurait dû être prête, qui est facile à dire maintenant, mais cela aurait dû être le cas. Quant à Johann, il a été très passionnant de le voir se battre pour le commandement dans la première partie du GP, mais il a fait une erreur, à mon avis, parce qu’il aurait dû rentrer quand Valentino, qui était déjà en retard, l’a fait. S’il avait fait ceci, cela l’aurait aidé à obtenir un résultat dans le top cinq. Ce week-end, il n’était pas aussi rapide que son coéquipier parce que nous avons vu que quand Jonas l’a rattrapé et dépassé, il a aidé Johann à augmenter son allure. De toute façon, ceci est un mauvais résultat pour nous aujourd’hui, et ceci est dû au fait que nous n’avons pas utilisé nos têtes. Je peux seulement faire des excuses à Jonas et aux fans allemands, et, pour Johann, il devrait observer ce que les gars expérimentés font devant lui. »

Mais, en le citant lui-même lors d’une précédente interview, nous ne pouvons que lui souhaiter que les jours passent vite et que la roue tourne, déjà le week-end prochain en Autriche : « chaque individu à sa nature, et ma nature est un peu, non pas excessive, mais je peux monter très haut puis descendre très bas la minute qui suit. C’est vrai dans ma vie en général, et c’est vrai que même avec les années qui s’accumulent, tu mets ton cœur et tes tripes. C’est ta vie, quoi ! Si le dimanche soir on a fait une mauvaise course ou que ça se termine mal, par exemple comme au Qatar, je ne peux pas m’empêcher d’être triste. Ça se voit de l’extérieur et il me faut bien deux jours et deux nuits blanches pour commencer à passer au sujet suivant. Et merci mon Dieu, il y a beaucoup de courses dans le championnat MotoGP qui s’enchaînent relativement rapidement pour qu’on puisse oublier la déception du Grand Prix précédent. Par exemple, on est parti d’Assen avec le moral dans les chaussettes, et il me tardait que cela roule. Et heureusement, il n’y a eu que quelques jours avant que l’on fasse une course magnifique en Allemagne et que je sois de nouveau sur l’Olympe de la félicitée (rires). Je suis comme ça. »

Il est comme ça, et c’est pour ça qu’on l’aime et qu’on lui souhaite le meilleur à venir…