Si le soleil a brillé hier sur Daytona, la température y a été anormalement basse et c’est peut-être l’explication des grands écarts de chronos  et même de déception de quelques favoris comme Taylor Knapp, en proie à des difficultés pour rendre sa MV 675 performante.

Cependant, les top riders les plus souvent cités sont bien là, dont le Frenchie Valentin Debise, auxquels un outsider s’est mêlé, le jeune Cory West dont on attend des exploits depuis sa saison 2014 tant prometteuse.

C’est l’éternel Michael Barnes, le vainqueur 2016, qui décroche la pole position en 1’49’’487. Si ce n’est pas une totale surprise, on ne le voyait pas forcément en haut de la page des qualifications lui le spécialiste de la course au long cours. Suit Valentin Debise qui avec un chrono de 1’49’’526 enfonce la pole 2016 de plus d’une seconde ! Cory West est le troisième et dernier sous les 1’50 en 1’49’’854. Dany Eslick, double vainqueur ici, ferme le quator de tête en 1’50’’067, soit un excellent chrono mais qui le met à une quatrième position qui ne doit pas plaire à ce pilote extrêmement populaire mais au caractère bien trempé.

Ensuite viennent dans un tir groupé tout proche des quatre premiers, Robertino Pietri, Jason Farrell, Geoff May, Kyle Wyman, Barret Long et Kaleb de Keyrel.

Arrêtons nous quelques instants sur Kaleb de Keyrel, sans doute le pilote qui a le moins de moyens de tous les « vite ». Il court dans une petite structure familiale dont le père, ex crossman de talent, est la cheville ouvrière d’une équipe qui fait courir les trois frères De Keyrel… quand il trouve des sponsors. Ainsi, Kaleb n’a presque pas roulé en vitesse en 2016 après pourtant deux bonnes saisons. Certes ils sont basés à Minneapolis (6 mois de neige !) où il vaut mieux être champion de Tractor Pulling que de moto de vitesse mais cela ne cache pas la dure réalité de le moto de vitesse aux USA qui cherche un nouveau souffle après avoir dominé le monde dans les années 80 et début 90. Si Daytona 200 et MotoAmerica sont les locomotives, chacune à sa manière, de cette discipline outre atlantique et où les moyens sont mis en œuvre, reste que seul le temps et le travail méthodique permettront de donner un successeur aux Lawson, Rainey, Schwantz et autre Hayden. Est-il parmi les engagés de ce Daytona 200 2017 ? Sans doute pas mais qui sait ?…

Mais revenons à notre Frenchie qui a conquis le public américain l’an passé par ses performances et son investissement personnel dans ce pays où nul français avant lui avait brillé toute une année. Il faut vraiment souligner la performance d’aujourd’hui de Valentin car elle ne s’est pas faite sans difficulté. La casse d’un ressort de soupape en première séance qualificative ne lui a pas permis de faire plus de 6 tours, ce qui est un lourd handicap sur ce circuit qui ne se laisse apprivoiser qu’après de nombreux tours. Il attaque la seconde séance avec un nouveau moteur tout juste remonté quelques minutes avant de prendre la piste. Il reste calme, s’applique mais doit changer d’amortisseur en cours de séance. Il n’effectuera que 8 tours mais ce sera suffisant pour arracher le deuxième chrono de la séance derrière Dany Eslick.

La troisième séance qualificative commence et Valentin sera un de ceux qui effectueront le plus de tours comme il le faisait en 2016 en MotoAmerica. Bien lui en a pris car il améliore son meilleur chrono, pulvérise encore une fois la pole 2016 et obtient le deuxième temps derrière un Barnes déchaîné et ayant su très bien profiter du draft sur le tri-ovale pour faire son temps.

Mais demain, tout est remis en question pour la course.

Rester calme et attentif sera sans doute une des clés pour gagner car, outre les adversaires, les pièges sont nombreux à Daytona. Un exemple ? La vitesse dans les stands lors des ravitaillements n’est pas limitée, l’entrée se fait en quittant l’anneau à pleine vitesse soit à plus de 280 km/h et si on décélère bien sûr dans les stands on y roule à une vitesse qui ferait se dresser les cheveux sur la tête de tout commissaire des prochaines 24 Heures du Mans ! Un exercice unique qui demande une concentration extrême.

Samedi 18 mars 2017, l’affiche annoncée est bien là avec les 3 pilotes favoris devant sur la grille, accompagnés d’un jeune espoir qui n’a pas peur d’eux. Toutefois, ils devront se méfier de la petite dizaine d’autres pilotes très rapides qui ne leur feront pas de cadeau. Et puis nous sommes à Daytona et un hold-up d’un « sans grade » est toujours possible comme en 2012 où Joey Pascarella avait remporté la course au nez et la barbe des favoris en leur donnant la leçon dans un draft final sur l’anneau digne de Miguel Duhamel ou de Scott Russel (Mister Daytona) !

Suivez la course sur internet à partir de ce soir à 18 heures sur www.fanschoice.tv

Texte écrit par Régis Poiteau pour Paddock-GP.com

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