En ce samedi 24 juin 2017, Johann Zarco obtenu sur le circuit d’Assen sa première pole position en catégorie MotoGP. En tant que poleman du Grand Prix, il s’est donc exprimé lors de la conférence de presse officielle post-qualification.

Toutefois, et pour notre plus grand plaisir, il n’a ensuite pas manqué à son rendez-vous quotidien avec la presse dans l’hospitalité de l’équipe Tech3. Loin de la communication un peu formatée des traditionnels communiqués de presse, les échanges entre le pilote français et les journalistes dans l’hospitalité Tech3 sont d’une richesse et d’une simplicité que les vrais passionnés apprécieront (vous pouvez retrouver tous ses débriefs passés dans notre rubrique (“Interviews“). Il y a toujours le petit détail qui nous fait plonger chaque jour davantage en immersion dans le monde de la MotoGP…

Comme à notre habitude, nous reportons ici l’intégralité des propos de Johann Zarco, de façon brute, donc sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.


Qu’est-ce que tu as envie de dire ?

« Quel bonheur ! Être à la conférence de presse et être le leader du jour, c’est exceptionnel. Quand on fait une pole en Moto3 ou en Moto2, on est toujours à une extrémité (en conférence de presse). Là, on est au centre de l’attention et c’est cool. Donc je réalise et je profite. Après, ça va dans la continuité du potentiel de la moto, de ce que j’ai pu découvrir et de ce que je suis aussi capable de faire, et ça c’est le top ! Quand l’opportunité se présente, il faut la prendre. Donc vivre le présent, et comme j’ai pu faire aujourd’hui, se concentrer lorsqu’il faut, et ça, ça fonctionne. »

Tu as dit que tu visais le podium, et peut-être mieux. Ça veut dire quoi ?

« Ça veut dire, vivre le présent, et c’est une victoire se présente, alors pas se stresser et rester concentré sur ce que je sais faire pour aller la chercher. Mais comme j’aimerais. Le but, c’est vraiment de construire une belle carrière en MotoGP et d’arriver à, un jour, jouer un titre. Alors, ça va passer par plusieurs podiums pour ensuite, une fois que j’aurais compris le rythme des podiums, pouvoir travailler pour aller chercher les victoires. Monter en puissance. Après, un coup d’éclat, pourquoi pas ? »

Au vu des deux séances sur le sec, vu que la course est attendue sur le sec, te sens-tu prêt, ou le Warm up sera-t-il important pour trouver des réglages ?

« Le Warm up est important pour le corps, pour la tête, pour prendre un rythme et des repères sur le sec. Surtout sur le sec dans des conditions fraîches, parce que demain le Warm up sera délicat. Prendre du bon feeling, ça va aider pour la course. »

Parmi tes plus sérieux adversaires, Vinales est quand même loin sur la grille… 

« Oui. A voir le pneu qu’on utilise… Quitte à partir en soft, il faut tenter de partir devant, et ensuite se décontracter pour mener un bon rythme. Être fort sur le début de course parce que la piste est serrée, donc il vaut mieux être devant. Je pense que Márquez sait gérer, donc, qui que ce soit qui sera devant, il patientera jusqu’à ce qu’il ait bien fait chauffer les pneus, et quand il aura son rythme, je pense qu’il peut partir à la régulière, lui. Par contre, si Vinales se mêle à la lutte, à voir…
Pour moi, le but, si on part en soft, c’est être en tête ! »

Tu as dit « je vais faire comme j’ai toujours fait, je vais prendre mon temps ». Mais là, tu ne prends pas ton temps…

« C’est vrai, mais oui, je prends mon temps pour ne pas faire trop d’erreurs, et tant mieux d’être déjà à ce niveau-là. Ça motive et c’est de bon augure car si je commence à ce niveau-là et que je progresse, alors l’objectif de victoires peut être atteint. »

Olivier Jacque était sur le point de gagner la course quand il a fait la pole, Régis Laconi a gagné la course quand il a fait la pole… L’histoire peut-elle inspirer ?

« Oui. Ça peut être une inspiration. Après, il faut profiter de ce qui se présentera, et surtout faire une belle course jusqu’à la fin. »

Sur l’échelle du plaisir, où est cette pole par rapport à ton podium ?

« Lorsque j’ai fait mon chrono et que je suis passé premier, j’ai vu que j’étais un des premiers à passer la ligne, donc j’ai patienté. Et je m’attendais vraiment à me faire battre sur le fil et à avoir, pas la rage mais une petite déception, et à me dire « mince ». Finalement, il n’y a pas eu cette déception, et là, ça a été assez émouvant parce que je me disais « wahou, c’est top, pole position ». C’est aucun point mais c’est tellement une belle satisfaction que j’étais vraiment content. Parce qu’on donne vraiment le maximum, tout le monde donne le maximum, et quand quelqu’un te passe sur le fil, tu tires la langue et tu te dis  « mince, qu’est-ce que je pouvais faire de plus ? ». Là, il y avait rien à faire de plus. »

Là, tu étais en haut de l’affiche…

« C’est ça ! »

Te rappelles-tu de ta première pole en Moto2 ?

« 2014, Silverstone, sur le sec. Je me souviens encore du tour et c’était ma première pole en Moto2. C’était en septembre et le lendemain, j’ai été quatrième. Je me bagarrai un peu pour le podium mais j’étais un peu à la limite et j’ai fini quatrième. Mais je sais que c’est à partir de là que j’ai commencé à prendre le rythme des avant-postes. Depuis septembre 2014, j’avais annoncé que j’allais bien terminer la saison et qu’il fallait que je garde ce rythme pour bien débuter 2015. Et j’ai été champion, donc je m’en souviens bien ! (Rires). »