Voici la fin de l’interview de Nicolas Goubert (Directeur adjoint, Directeur technique et Superviseur du programme MotoGP Michelin Motorsport) sur les problèmes rencontrés en Aragon ainsi que son point de vue sur les circuits à venir…

La première partie de l’interview est lisible ici.


Sur ces circuits espagnols qui sont “graisseux”, comme disent les Anglais, il y a beaucoup de spining (patinage) ?  

“Oui, on a été un peu déçu par la performance des arrières. On avait fait les tests l’année dernière avec quelques pilotes durant une journée et on n’avait eu véritablement de critiques sur les arrières. Donc là, ça été une surprise. Bon, pourquoi?  La course Moto2 n’a été aussi rapide que celle de l’année dernière (ndlr: 159.8 vs 161.4), ce qui tendrait à prouver que le grip n’était certainement pas fantastique ce week-end là. Pourquoi ? personne ne le sait.”

Après la victoire de Pedrosa à Misano sans ailerons, on a remarqué que Marquez roulait avec les tout petits ailerons en Aragon. Cela peut-il jouer un rôle sur les pneumatiques et sur le spining ?

“Je dirais que, de manière générale, les pilotes n’étaient pas satisfaits du grip du pneu arrière et la plupart se sont plaints de patinage. Pas au niveau qu’on avait connu à Jerez, fort heureusement ,ça ne patinait pas en ligne droite mais beaucoup en accélération et ça glissait beaucoup en entrée de virage, c’est un fait. C’était la mauvaise surprise du week-end, avec celle du pneu de Pedrosa, et si on s’en est aperçu assez rapidement, on n’avait pas vraiment d’explication. Le week-end précédent, à Misano, quelque part la performance des pneus a dépassé nos attentes parce qu’on ne s’attendait pas à être aussi rapide et à battre tous les records, et là, de la même façon, on ne s’attendait pas forcément à battre des records mais on ne s’attendait pas non-plus à être aussi pointé du doigt par les pilotes quant au grip du pneu arrière. Ce sont les surprises de la première année…”

Il est évident que revenir après 7 ans d’absence et se confronter à 18 circuits avec parfois 3 sortes de pneus avant et 3 sortes de pneus arrière en constante évolution est un travail de titan dont les gens ne prennent pas souvent la mesure. Et justement, pour l’illustrer, nous nous rendons prochainement à Sepang, sur un circuit plus que re-surfacé et dont le drainage semble avoir posé problème. Comment appréhendez-vous ce challenge ?

“Nous y sommes allés au mois de juillet avec trois pilotes; Cal Crutchlow, Colin Edwards et Michele Pirro. Le nouveau revêtement était fini mais nous avons eu beaucoup de mal à avoir de bonnes conditions car le drainage était très mauvais et, sans qu’il pleuve, certaines parties de la piste sont restées mouillées pendant 48 heures alors qu’il faisait les températures que vous pouvez imaginer. Cela a d’ailleurs fait dire à Colin qu’il ne connaissait pas ce tracé avec toutes ces zones mouillées à éviter (rires). Trêve de plaisanterie, on a quand même pu en tirer quelque chose même si en course cela ira certainement beaucoup plus vite. On a vu qu’il fallait qu’on décale les solutions vers des pneus plus résistants, ce qui n’est pas une surprise avec un revêtement neuf. C’est très souvent le cas; vous avez plus de grip, des chronos plus rapides, et donc des contraintes plus fortes sur le pneu, avec plus de thermique. On s’attendait donc à devoir rigidifier les pneus, avant comme arrière, et ce sont des directions qui ont été confirmées. Maintenant, avec ces histoires de partie restées mouillées, on n’a pas roulé très vite et j’espère que ça nous aura quand même permis de viser plus ou moins juste.”

Dans les courses à venir, Phillip Island présente-t-il un point d’interrogation ?

“Phillip Island, cela en est toujours un car c’est le plus gros défi de l’année pour les manufacturiers. On y avait fait de très bons essais en février/mars, et on était très contents, mais suite aux modifications que l’on a dû faire suite à l’Argentine, on ne va pas arriver avec les modèles de pneus que l’on avait testés et qu’on croyait avoir finalisés. Cela reste donc un point d’interrogation.”

 

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