De retour des USA, Hervé Poncharal a bien voulu, une fois de plus, nous partager sa vision de l’actualité des Grand Prix.

Une fois le cas de la rumeur Folger expliqué, nous en sommes logiquement arrivés à Pol Espargaro…

Et face à notre question qui grattait quelque peu, la réponse du boss de Tech3 a été à la fois longue, argumentée et d’une honnêteté évidente, avec, au passage, une sorte de petit scoop ; Yamaha pourrait (conditionnel) aligner trois motos officiels !

Hervé, le fait que Lin Jarvis ait annoncé en début de saison que vos pilotes ne feront probablement plus partie de votre team en 2017 ne vous met-il pas maintenant dans une position difficile ? En d’autres mots, depuis la signature de Bradley Smith avec Ktm, comme il vous faut un pilote d’expérience, Pol Espargaro n’est-il pas aujourd’hui en position de force ?

Hervé Poncharal: « Ecoutez, je pense que j’ai toujours eu des relations bonnes, agréables, ouvertes, transparentes et honnête avec mes pilotes. J’ai toujours eu un discours honnête avec eux. Quand Bradley a été dans une période très compliquée en 2014, notamment après l’Allemagne où il a fait 5 chutes dans le weekend, on a beaucoup parlé durant la pause estivale. Je lui ai dit « tu es en danger Bradley. Il faut qu’ON, tous ensemble, on réagisse ». Cet hiver, j’ai parlé à Pol et à Bradley. Je leur ai dit « Voilà. Toi, Pol, tu es en 3ème année. Toi, Bradley, tu es en 4ème année. La réalité voudrait que vous marchiez très fort et qu’une usine vous propose un guidon, puisque nous, nous sommes plutôt là pour faire progresser les jeunes ». Il se trouve que ça a marché avec Bradley, et comme je vous l’ai déjà dit, quelque part on est un petit peu triste quand l’aventure se termine, mais on est surtout super heureux pour lui.
Maintenant, Pol est quand même bien chez nous, il me le dit tous les jours. Il aimerait bien être plus performant, ça c’est évident, et on va continuer à travailler pour l’aider dans ce sens.
Personnellement, je vous l’ai dit précédemment, il n’y a pas de dizaines de pilotes. En trouvez un, la perle rare, ça ne va déjà pas être facile, alors deux, c’est très difficile. De plus, avec deux pilotes Rookies, soit tu es magicien et tu as de la chance, et ça fonctionne d’entrée de jeu comme ça l’a fait avec Vinales et Marquez, mais si ton nouveau pilote, ou tes nouveaux pilotes, galèrent, là tu es au fond du trou. Et j’ai bien compris, en discutant avec Monster, qu’ils voulaient qu’on fasse des résultats ; c’est quand même la base pour un team de compétition. Donc, bien entendu, je serais assez heureux de continuer à collaborer avec Pol.
Maintenant, la réalité de sa position et des potentialités qui vont lui être proposées fera que ça se fera ou ça ne se fera pas. Mais je suis assez d’accord avec vous et je verrais d’un assez bon œil une valeur sûre, qui serait Pol, et tester un jeune pour préparer le futur. Ca, ça serait clair.
Ce sera bien sûr à Pol de voir, mais si on fait le tour des possibilités, il y a quoi ?
Factory Honda, ce sera compliqué, Factory Yamaha, ce sera très très compliqué, Factory Ducati, ils sont aujourd’hui plutôt trop que pas assez, Factory Suzuki…. Mmmm… je ne pense pas que ce soit vraiment une opportunité pour lui aujourd’hui, Aleix a quand même bien redressé la barre au Texas, mais en fait, je ne sais pas, on verra.

Je pense qu’on a quand même des choses à lui offrir et, au final, la décision viendra du Japon. Car si on peut imaginer qu’il reste chez nous, c’est seulement avec une structure de contrat identique à celle qu’il a eu pendant les trois premières années. C’est-à-dire avec un contrat signé avec le Japon pour rouler chez Tech3. Il pourra éventuellement demander un certain niveau de support technique, voire un niveau de support technique similaire à ce qu’ont les deux pilotes officiels. Car moi, Tech3 tout seul, je ne pense pas que j’arrive à le séduire pour sa quatrième année. »
L’interview est-elle terminée pour autant ? Non.
Car Hervé Poncharal a bien voulu nous confier, entre autre, ses petits coup de cœur de ce début de saison 2016…