Auteur d’une très belle première partie de saison, durant laquelle Jules Danilo figurait régulièrement dans le Top 10, le pilote français a ensuite connu des moments plus difficiles, causés en partie par des problèmes techniques, mais également par un renouvellement de contrat plus heurté que prévu qui a perturbé sa concentration. Bilan, 58 points inscrits en 2016 et une 20e place au général qui ne satisfait évidemment pas celui, qui loin des projecteurs, travaille sans relâche. 

Aujourd’hui, le coéquipier de Romano Fenati fait le point complet sur sa saison 2016 en Moto3 et de ses premiers tests de pré-saison. Il aborde également ses objectifs pour 2017, et au delà.

  • Jules, la fin de saison semble avoir été plus délicate qu’au début, que s’est-il passé ?

J’ai passé une fin de saison difficile. J’ai pourtant été performant en course, en particulier à Phillip Island où je me suis battu pour le podium ou pour la 5e place à Sepang avant de tomber sur la plaque d’huile. En arrivant à Valencia, je ne m’attendais vraiment pas à ce que ce soit aussi difficile. Je n’avais plus de sensation à l’arrière et j’ai été victime d’un gros highside durant la qualification. Je devais forcer pour essayer d’être rapide, mais cela ne se voyait pas en termes de temps au tour.

  • Durant les essais qui ont suivi le dernier Grand Prix à Valencia, as-tu trouvé des réponses à ces problèmes ?

Durant le premier test, cela a été très difficile. Je n’ai pas retrouvé le feeling. De même, mon équipe est partie, j’ai donc un nouveau chef mécanicien. Pour le moment, cela se passe très bien. L’objectif de ces essais était d’abord d’essayer de trouver des solutions avant de faire une pause de quelques semaines pour revenir en pleine forme l’an prochain. Ce n’est vraiment pas agréable de faire des tours pour rien…

  • Avez-vous, l’équipe et toi, apporté des changements à la moto entre Sepang et Valencia ?

Très honnêtement, je ne sais pas. Lorsque nous avons sorti la moto de la caisse en revenant de la tournée outremer, je suis monté dessus et j’avais tout perdu. Je n’avais plus de feeling avec l’arrière. La moto élargissait beaucoup et je devais forcer pour garder la bonne trajectoire. J’avais l’appréhension que l’arrière allait décrocher et c’est finalement ce qui s’est passé. Après cela, je n’ai pas voulu insister davantage, car je savais ce qui allait se passer.

  • Malgré cela, quel bilan dresses-tu de ton début de saison réussi ?

Mon début de saison a été très régulier en m’étant battu dans le Top 10. En arrivant au Sachsenring, mon plus mauvais résultat, hors chute, était une onzième place. Je pensais avoir acquis quelque chose, mais en deuxième partie de saison, c’était plus difficile. J’ai accompli de bonnes courses, mais je n’avais pas le même feeling. Par exemple, à Brno, il était impossible de rouler vite sans tomber. J’ai chuté trois fois durant le week-end sans comprendre pourquoi. À partir de là, il est difficile de retrouver les mêmes sensations. En arrivant à Silverstone, j’ai eu l’impression de retrouver ce qu’il me manquait puisque je me suis qualifié sixième. En course, j’ai souffert d’un problème d’embrayage. Toujours est-il que je dois analyser cette fin de saison pour en tirer des leçons pour l’an prochain.

  • Il semble que certains pilotes Honda disposaient de la version 2017 de leur machine durant les tests, qu’en est-il de ton côté ?

Je disposais de la Honda 2016. Nous n’avions pas de nouvelles pièces à tester. Du côté de l’équipe Monlau, je sais que les pilotes avaient le nouveau châssis, un nouveau carénage et une nouvelle selle. Pour le moteur, je ne suis pas certain qu’ils disposaient de la version 2017. Toutefois, il se dit que le nouveau moteur serait jusqu’à 5% plus puissant qu’en 2016. Honda continue de travailler pour proposer une réelle évolution en 2017 et c’est de bon augure.

  • Ces deux dernières saisons, tu as pu atteindre une certaine stabilité au sein de l’équipe, penses-tu que ce changement de staff puisse être un frein à tes objectifs ?

J’appréciais beaucoup mon équipe, mais il en est ainsi et je dois faire avec. Avec cette nouvelle équipe, l’objectif est que cela se passe bien. Je n’ai pas le choix : il faut que cela se passe bien. De l’autre côté du garage, il y a Mirco Cecchini, le patron de l’équipe. Il dispose de beaucoup d’expérience et il m’aide beaucoup. Nous ne partons pas de zéro.

  • Romano Fenati sera ton coéquipier l’an prochain, penses-tu que cela puisse apporter une bonne émulation dans l’équipe ?

Je pense que oui. Beaucoup de monde pense que nos styles sont complémentaires. Je n’irai pas l’embêter et il ne viendra pas m’embêter. Ce n’est pas ma réelle préoccupation. Je pense qu’il n’y aura aucun problème l’an prochain. Mon but sera de le battre et, si cela créée des problèmes, nous verrons (rires).

  • D’ici le prochain test officiel à Jerez, quel est ton programme ?

Je continue mon programme d’entrainement physique au CAR à Barcelone. J’ai un programme d’entrainement en piste qui se précise. Ce programme pourrait réellement m’aider cette saison, car mon objectif est de passer en Moto2 prochainement. Il y aura probablement de nouvelles séances d’essais privés, mais la nouvelle moto n’arrivera pas avant le test officiel à Jerez.

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