Le lundi après le Grand Prix à Valencia, Davide Brivio, le team manager du team Ecstar Suzuki, a donné une très longue conférence de presse pour dresser le bilan complet de la saison 2016 et éclairer sur ses attentes concernant 2017.

Comme à notre habitude, nous vous proposons donc une traduction intégrale “brute” de ses propos, sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.

Première partie    Deuxième partie


Et Rins par rapport à Zarco ?

“Nous avons choisi Rins en mai ou en juin et, ce que nous pensions alors, nous le pensons maintenant. Il est jeune, talentueux, mais bien sûr, ce fut un choix difficile. Nous avons beaucoup parlé avec Zarco et lui avons offert la chance de tester la moto au Japon durant deux jours, et il a été bon. Il a fait une très bonne impression et je pense qu’il sera bon demain, lors du test MotoGP. Mais vous devez faire un choix et nous avons décidé Rins, et nous pensons toujours maintenant ce que nous pensions en juin, mais cela a été difficile. Nous faisons un pari.”

Vous parlez d’un problème sous la pluie. D’où cela-vient-il ? Electronique, châssis, moteur ?

“Probablement un peu de tout. Nous pouvons améliorer l’électronique bien sûr, et probablement aussi la moto pour générer plus d’adhérence avec les pneus pluie. C’est quelque chose à travailler cet hiver pour nos ingénieurs et une chose sur laquelle nous leur avons demandé de réfléchir. Mais travailler sur l’électronique et sur la façon dont le moteur délivre sa puissance sera également très important, donc nous allons essayer de travailler pour améliorer ces différents points.”

Le pneu arrière est un problème en particulier ?

“Non, pas spécifiquement. En fait, je pense que nous avons aussi été un peu malchanceux de ce point de vue, car nous avons eu quatre courses sous la pluie, et je pense que nos résultats auraient pu être bien meilleurs avec que des courses sur le sec. Nous devons toutefois être satisfaits.”

 Vous avez Tom qui est le gars le plus expérimenté de votre équipe (ndlr: Tom O’Kane, ayant travaillé jusqu’en 2004 avec Kenny Roberts, puis Kenny Roberts junior avant d’intégrer Suzuki avec Vermulen et Bautista). Est-ce essentiel pour vous ?

“Tom continuera à travailler pour nous. Je ne peux pas trop expliquer, mais il a un rôle très important en arrière-plan. Il travaille sur les analyses et essaie de trouver la meilleure façon pour analyser les datas. Nous travaillons beaucoup dans ce domaine, sur comment utiliser de la meilleure façon possible les informations que nous récoltons durant un week-end de course. Donc son expérience sera très utile pour nos ingénieurs et en particulier pour nos ingénieurs japonais à l’usine. Donc il continuera et son expérience restera chez Suzuki (rires).”

Vous avez travaillé avec Rossi et Vinales. Comment pensez-vous que Vinales s’adaptera sur la Yamaha?

“Je pense qu’il sera prêt dès la première course car il est très talentueux et intelligent. Il sait ce qu’il faut faire pour être rapide, et maintenant je ne connais pas les différences entre Suzuki et Yamaha, mais ce genre de pilote n’a pas besoin de trop de temps. Je pense qu’il sera prêt dès la première course également parce qu’il est très ambitieux, c’est ce qu’il veut faire, et je m’attends à ce qu’il soit là.”

Quel est le caractère de Maverick et comment cohabitera-t-il avec Valentino ?

“Je pense qu’il a un état d’esprit de champion. Il veut simplement gagner le championnat. C’est très clair pour lui et il travaille pour cet objectif. Il peut paraître un peu timide et ne pas beaucoup parler, mais il sait ce qu’il veut et, comme je l’ai dit, il est très intelligent et malin. Je suis certain qu’il travaillera de son côté du box et ne s’occupera pas de qui est de l’autre côté. Bien sûr, je pense que ce sera utile pour lui d’avoir un pilote rapide de l’autre côté, comme Valentino, car il ne pourra pas se relâcher. Il a un objectif clair à atteindre, il pourra probablement beaucoup apprendre.”

L’année prochaine, vous n’aurez que 7 moteurs au lieu de 9. Cela pose-t-il un problème ?

“J’espère que ce ne sera pas un problème (rires). Je veux dire que nous travaillons avec cela déjà à l’esprit, avant même de perdre les concessions, car nous savions, nous espérions, que tôt ou tard cela arriverait. Donc nous avons saisi l’avantage d’être un peu plus relax cette année avec 9 moteurs, mais savions que cela ne devait pas être l’objectif. Disons que cette année, avec 9 moteurs, nous avions l’avantage de pouvoir introduire une évolution du moteur et d’avoir plus de possibilités. Vous n’aviez pas besoin d’aller jusqu’au bout du kilométrage. Avec 7 moteurs, vous devez geler le développement, et la question ne se pose pas. Avec 9 moteurs, vous avez plus de chances d’introduire un développement. C’était le seul petit avantage.”

Votre moto s’adaptera-t-elle au style de pilotage d’Andrea Iannone ?

“C’est quelque chose que nous commencerons à comprendre demain. Nous pensons que le pilote adapte probablement parfois également son style à la moto. Donc je pense qu’Andrea a probablement un style différent (de Vinales) car il avait à piloter une moto différente, et s’il voulait utiliser le plein potentiel de sa moto, il devait probablement aussi adapter son style. En Moto2, le style d’Andrea était sans doute bien plus près de celui de Maverick ou de Marc (Marquez). Donc cela dépend de la moto et je pense que Andrea est assez intelligent et expérimenté pour essayer d’adapter son style à la Suzuki et pour en extraire le meilleur potentiel. Mais nous sommes également là, prêts à faire tout ce que nous pouvons pour répondre à ses demandes.”

Quelle est la grandeur du département développement chez Suzuki?

“Vous voulez dire terme de compétition ? Je ne sais pas combien de personnes y travaillent vraiment. Nous sommes très contents du travail que nos gars font. Ils travaillent bien sûr vraiment dur. Nous leur demandons un gros effort mais nous sommes très contents du travail qu’ils ont fait. Donc disons que nous sommes à la vitesse maximum du développement. Bien sûr, vous pouvez toujours faire de mieux en mieux, mais l’année dernière, la première année, nous sommes arrivés avec une moto qui était déjà très bonne au niveau châssis mais nous avions un manque de puissance. La vitesse maximum n’était pas suffisante; le moteur n’était pas assez puissant et nous avions des problèmes dans les longues lignes droites car les autres pilotes pouvaient nous doubler alors que nous ne pouvions pas le faire. Une fois que nous avons déterminé cet objectif, ils ont fait un travail extraordinaire durant l’hiver dernier en commençant par améliorer la puissance du moteur, puis en introduisant la boîte seamless. Et cela nous a permis d’être plus compétitifs cette année.
Maintenant, nous leur avons demandé un peu plus de puissance car les autres vont bien sûr améliorer, et ils l’ont fait, ils travaillent dessus et nous sommes dans les temps. Nous verrons car, comme je l’ai dit, plus vous vous rapprochez de la tête et plus les ambitions sont hautes, et plus difficile est le travail. Mais pour le moment nous sommes heureux de notre département compétition et de la façon dont ils développent.”

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