Quand on aborde un weekend de Grand Prix, il y a de nombreux éléments qu’il est utile d’avoir en mémoire, parmi lesquels les anciens records, les courses de l’année précédente ou les caractéristiques physiques du circuit.

Pour en savoir un peu plus sur ce dernier point, et aller un peu plus loin que le nombre de virages ou la longueur de la ligne droite, nous avons souhaité interroger des professionnels afin d’essayer de connaître les éléments importants qu’une expérience de plusieurs décennies leurs permet d’avoir directement à l’esprit en arrivant sur un circuit.

Guy Coulon, le sorcier du team Monster Yamaha Tech3, qui a bien voulu répondre à nos questions pour les premiers circuits de la saison, aborde ici le circuit du Mugello, niché aux cours des collines toscanes….

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Guy Coulon: “Le Mugello est un circuit très très rapide où la vitesse importe, et donc où il faut de la puissance; on est quand même chez Ducati!
L’autre particularité est qu’il faut arrêter la moto au virage #1. Ce dernier point était encore un vrai problème il n’y a pas longtemps, avant qu’on passe aux freins en 340mm.

Le circuit est très technique, avec ses sortes de grandes chicanes rapides (virages 2, 3, 4, 5, 10 et 11), où pour aller vite, il faut que le pilote sente bien l’équilibre entre la vitesse d’entrée , qui doit être la meilleure possible, mais qui ne doit surtout pas détériorer la vitesse de sortie, sous peine de perdre du temps dans le bout droit qui précède les mêmes sortes de virages suivants. En fait, on ne doit pas rentrer dedans à la vitesse maxi possible et c’est au pilote d’avoir la meilleure analyse possible pour trouver cette vitesse d’entrée qui lui donnera la meilleur vitesse de sortie possible.

Autre particularité, c’est quand même un circuit qui monte et qui descend beaucoup, et il n’est pas recommandé de tomber dans les virages rapides des descentes.  A cause de ces dénivelés, il y a un peu d’antagonisme dans les réglages de la moto, car on a un peu de mal à être parfait à la fois dans les enchaînements en descente et dans ceux en montée.  La moto doit donc être très bien équilibrée. Cette année, on va voir, mais avec les Michelin, on a tendance à être un peu haut sur pattes pour que ça marche bien. En fait, au Mugello, la moto n’est pas réglée très différemment de certains circuits.  On n’est toutefois pas sur les réglages du Mans qui est un circuit On/Off.

En fait, au Mugello, c’est clair qu’il faut une moto rapide mais c’est quand même un pilote brillant qui s’impose. Le gars qui gagne là-bas, ce n’est pas seulement à cause de sa moto. C’est ce qu’on appelle un vrai circuit de pilote!”

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