Les pilotes MotoGP ayant atteint le podium, Jorge Lorenzo, Marc Marquez et Andrea Iannone, étaient conviés à cette conférence de presse post-course du Grand Prix d’Italie 2016.

Afin d’éviter toute interprétation journalistique abusive, nous vous proposons ici une traduction “brute” de l’intégralité des propos de Jorge Lorenzo.
Vous trouverez la première partie de cette conférence ici.

Il semblerait qu’un morceau de caoutchouc se soit détaché de votre pneu arrière en début de course…

“Je ne sais pas. Je n’ai pas regardé le pneu arrière en détail. Je ne sais pas et je vérifierai.”

Brembo a dit que vous étiez seulement le 4e ou 5e meilleur freineur à San Donato. On vous a pourtant vu aujourd’hui très fort à cet endroit, quand Valentino attaquait, puis Marc aussi. Vous avez changé quelque chose sur la moto ou dans votre façon de freiner?

“Nous avons modifié la moto car nous avons essayé différents réglages au warm up, avec plus de poids sur l’arrière, ce qui aide durant les freinages mais, à l’opposé, pousse plus sur le pneu avant en virage. Et aujourd’hui, avec moins d’adhérence, le risque était que je ne puisse pas aller un peu plus vite. Mais sur ce freinage particulier, je me suis toujours très bien senti. J’y freine très tard chaque année. Je sais qu’ne temps normal ce sont de gros freineurs mais sur ce freinage particulier, je freine toujours tard. Mais parfois, ce n’est pas celui qui met le plus de pression sur le freins qui est celui qui freine mieux. Je freinais très tard, mais pas avec une grosse pression sur le levier.”

Yamaha a cassé deux moteurs aujourd’hui; êtes-vous inquiet pour le reste de la saison?

“Pour les moteurs, oui, évidemment , vous devez vous inquiéter. Ce n’et pas habituel que deux moteurs cassent à seulement deux ou trois heures d’intervalle. Donc il se passe quelque chose. Je ne sais pas si c’est la même chose dans mon moteur et celui de Rossi. Nous verrons ce qui se passe mais nous ne pouvons rien faire. Nous verrons ce que Yamaha nous dit et nous verrons s’ils peuvent trouver une solution.”

Vous serez pilote Ducati l’année prochaine; vous attendez-vous à un meilleur accueil des fans au Mugello?

“J’ai entendu que les fans de Ducati sont très heureux que j’ai signé avec eux, donc je ressens beaucoup de soutien de leur part, en particulier sur les réseaux sociaux. Mais je crois que l’année prochaine encore, le circuit sera presque complètement jaune, donc je pense que ce sera le même traitement. Mais nous resterons concentrés, heureux, si nous obtenons un bon résultat nous ferons de nombreux baisers et (saluts de la main), et continuerons sur notre chemin.”

Dans le passé, certains disaient que vous aimiez bien prendre la tête et contrôler la course sans vous bagarrer. Aujourd’hui, avez-vous prouvé le contraire ?

“Les personnes qui ne vous aiment pas trouveront toujours un motif pour vous critiquer. Mais j’ai gagné beaucoup de courses en partant de l’arrière, après un mauvais départ, en remontant beaucoup de positions et en rattrapant beaucoup de secondes, pour finalement gagner dans le dernier tour. Je l’ai fait en 125cc, en 250cc, et lors de ma première année en MotoGP quand je ne prenais pas de bons départs. Mais, évidemment, quand vous partez bien et que vous faites un bon premier tour puis deuxième tour, pourquoi ne pas tirer avantage de ce point fort ?
Comme je l’ai démontré aujourd’hui, je peux gagner sans avoir la meilleure allure et sans partir de la pole position. C’est un autre motif pour faire un peu taire les personnes qui critiquent sans se rappeler de l’histoire et des statistiques.”

Ce dernier tour est-il l’un de vos meilleurs et cette victoire est-elle l’une des plus belles ?

“C’est amusant car votre dernière victoire avec une bagarre est toujours la meilleure (rires). Car il est difficile de se rappeler le passé. J’ai eu de la chance de remporter de nombreuses courses après des bagarres et des batailles excitantes contre beaucoup de pilotes dans le passé. Par exemple, je n’oublierai jamais ma première victoire au Brésil en 2003 avec ce dernier tour incroyable. En MotoGP, ma bagarre avec Marc à Silverstone. Mais pour moi, celle-ci … Peut-être que je choisirai Silverstone en MotoGP, mais celle-ci en est assez proche.”

A un moment, vous vous êtes touchés dans la ligne droite avec Jorge…

“Finalement, on a eu une bagarre dans le dernier tour. Certains journalistes ont dit que cette année on ne voyait pas ce genre de bagarre, et on l’a finalement eu, donc c’est bien d’avoir de nouveau ça en MotoGP.”

A propos de ce qui s’est passé dans le dernier tour, à la fin de la ligne droite…

“Normalement, au freinage, vous mettez le pied sur la boîte de vitesses avant de fermer les gaz, pour descendre les vitesses juste quand vous fermez les gaz. Mais dans ce freinage particulier, vous ne pouvez pas le faire. Je l’ai fait lors des essais, vendredi, et il est arrivé la même chose qu’il est arrivé lors de la course, donc j’ai décidé de ne pas mettre le pied sur la boîte de vitesses  car, avec les bosses, c’est comme si vous fermiez un peu les gaz (mouvement de secousses) et cela change la vitesse soudainement. Quand vous êtes en sixième, à 330 ou 340 km/h, c’est très dangereux. Donc peut-être que lors du dernier tour, j’ai mis un peu le pied sur la boîte de vitesses  et la cinquième s’est soudainement enclenchée. Marc était très proche et nous nous sommes un peu touchés. Pour être honnête, nous avons été chanceux de ne pas nous toucher plus fortement et chuter, ce qui aurait été un désastre. C’est pourquoi je lui ai dit que j’étais désolé, car j’ai changé un petit peu la façon dont je mets le pied sur la boîte de vitesses et cela aurait pu engendrer un gros problème.”

Tous les articles sur : Jorge Lorenzo