La conférence post-qualifications de ce Grand Prix de Malaisie réunissait Andrea Dovizioso, Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Johann Zarco et Brad Binder.

Comme à notre habitude, nous vous proposons donc une traduction intégrale “brute” des propos de Valentino Rossi, sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.


Première ligne, vous êtes bien plus heureux qu’en Australie….

“Oui, mais la course est demain (sourire). Aujourd’hui n’est pas très important. Mais partir de la première ligne apporte toujours un bon feeling, et c’est en particulier important pour la course. Aujourd’hui a été une bonne journée, j’ai pu bien piloter, je me sens bien sur la moto quelles que soient les conditions, même ce matin. J’ai été bien depuis le début et je pense que tout le monde espère une course sur le sec, car nous pourrons voir une belle bagarre. Car ce matin, nous étions déjà rapides, et les quatre premiers étaient en un dixième, et le rythme était similaire, donc c’est bien.
Mais tout peut arriver, car malheureusement… bon, l’asphalte est très bon, il a une bonne adhérence et moins de bosses, mais quelque chose de pas bien est arrivé car il a besoin de beaucoup beaucoup de temps pour sécher. Ce ne sont donc pas des conditions normales car vous pouvez attaquer, mais vous devez toujours rester concentré sur les patchs (d’humidité).
Je n’étais pas si mal également sur le mouillé, donc nous pouvons être plutôt forts si c’est complètement mouillé ou complètement sec.”

Une stratégie de qualification différente…

“Oui, c’est une approche très différente, car d’habitude vous vous donnez à 100% dans une qualification de 15 minutes, vous mettez un pneu neuf, puis un autre pneu neuf, et vous essayer de donner 110%. Nous avons beaucoup parlé de comment faire, mais en 15 minutes, c’est d’habitude difficile d’arriver à la limite avec les pneus pluie. Nous l’avons également découvert en FP4. Nous avons donc décidé de ne pas nous arrêter et, au final, j’ai été en mesure d’améliorer un peu dans le dernier tour, jusqu’à la seconde place, et au final c’était la bonne stratégie pour nous.”

Comment voyez-vous la fin du championnat Moto2 par rapport à Johann Zarco ?

“Oui. Il a un bon avantage, car c’est un bon écart à deux courses de la fin. Mais… hé hé, ce n’est pas fini, donc il doit rester concentré. Durant la saison ,il s’est plus battu avec Rins, donc on supposait que ce serait avec lui qu’il se battrait jusqu’à la fin, mais finalement a fait quelques erreurs, probablement à cause de son épaule, et a perdu quelques points. Lors des deux dernières courses, Lüthi est revenu très vite et a remporté deux victoires consécutives; il arrive donc frais pour le challenge. Mais en même temps, je pense que c’était une belle saison et que Johann est plus ou moins resté en tête toute la saison, et que son avantage est très bon.”

Vous avez de bonnes statistiques ici. En partant P2, pensez-vous pouvoir gagner la course ?

“Alors oui, Sepang est une piste que j’aime beaucoup et où j’ai gagné un bon nombre de courses dans le passé, et j’y étais toujours fort. Mais la dernière était en 2010 je crois, c’était une belle victoire mais cela fait longtemps. Lors des dernières années, Lorenzo et aussi Marquez et d’autres pilotes ont toujours été forts sur ce circuit. La course ici est également toujours très difficile, très exigeante à tout point de vue. Ce sera donc dur.
Mais partir de la seconde position est positif, je pense que je peux me battre, et nous devons juste attendre pour les conditions.”

Que pensez-vous du virage #15 et quelle approche y utiliserez-vous si vous y êtes en lutte pour la victoire ?

“Durant ces jours, ils m’ont dit qu’ils avaient modifié le virage 15 pour arriver moins vite au premier virage, et c’est donc pour une raison de sécurité, donc je suis d’accord. Car s’il n’y avait pas une raison de sécurité, pourquoi vous devriez modifier le virage ? Vous auriez juste à refaire l’asphalte, et stop. Mais comme ça, je suis d’accord, car en réalité, vous arrivez très vite au freinage #1, et le dégagement n’est pas énorme. Et cela fonctionne, car nous arrivons un peu plus lentement. Donc c’est bien.
Sur le sec, ce n’est pas une grande différence, c’est très similaire à avant.
Sur le mouillé, c’est un peu plus difficile, en particulier en accélération car vous avez toujours beaucoup de patinage, donc vous devez prendre une trajectoire légèrement différente. Comme Dovi l’a dit, pour la dernière bagarre, pour le dernier freinage, pour moi c’est un peu plus difficile de dépasser comparé à avant. Mais finalement, la différence n’est pas si grande.”

Que pensez-vous de la progression de Morbidelli et est-il une option pour votre team Moto2 ?

“Nous sommes très fiers de Franco, très heureux, car nous essayons de l’aider depuis longtemps et il a franchi un énorme pas cette année. A coup sûr, en Moto2, le team est très important et nous sommes très heureux qu’il court chez Marc VDS qui est un Top team. Mais vous savez, il est toujours là durant la seconde partie de saison. Malheureusement, il a juste de besoin de gagner une course mais il en était très proche à Phillip Island. Mais l’important est qu’il soit solide, qu’il soit toujours là, qu’il soit toujours sur le podium, qu’il s’améliore aussi beaucoup durant les essais. Franco a eu une histoire difficile, il s’est aussi cassé une jambe l’année dernière en entraînement, il a beaucoup souffert et il n’est toujours maintenant à 100%, mais je pense qu’il peut être un bon adversaire pour essayer de remporter le championnat l’année prochaine. Mais il a un contrat avec Marc VDS, donc pour notre team, non. Malheureusement (rires).”

Avant, on disait que le pilote comptait pour 80% et la moto 20%. Est-ce toujours le cas avec les nouvelles technologies ?

“Non. Cela a changé durant les dernières années. La moto est très importante, le team est très important, et si vous regardez maintenant le MotoGP, je pense que maintenant c’est 50/50. A coup sûr, si vous avez une moto d’usine avec le constructeur derrière qui vous aide à améliorer la moto et adapte la moto à votre style, c’est très important. Nous avons également vu cette année beaucoup de victoires de pilotes non-usine, comme Cal qui en a gagné deux, mais je pense que c’est moitié-moitié.”

Le wheeling que vous avez fait au virage Simoncelli, l’aviez-vous planifié ou était-ce improvisé?

“Non, non, non ,c’était juste pour dire Ciao, oui, juste pour cela.”

 Savez-vous que Marc a fait la même chose après vous ?

“Sincèrement, je fais un wheeling à la fin d’une séance là, et une fois il y avait aussi Marquez, oui. Je l’ai vu, oui. C’est OK, c’était beau.”

 

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