Gabriel Rodrigo a publié un très intéressant texte sur son parcours passé et sa vie actuelle de pilote de Grand Prix.

Il est rare qu’un pilote détaille avec autant de précisions son week-end de course, et c’est pourquoi nous nous faisons un plaisir de vous proposer la suite de cette traduction aujourd’hui.

Gabriel Rodrigo Castillo est un pilote argentin né le 12 octobre 1996 à Barcelone. Il possède donc la double nationalité.

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Dimanche, le jour dans le feu du Grand Prix

« Tout le travail de la semaine fait sur le circuit et tous les entraînements effectués au cours des mois précédents se concrétisent lors de chaque Grand Prix. Tôt le matin, nous faisons le warm up, une petite séance d’entraînement de 20 minutes qui sert à tester les derniers ajustements qui ont été faits et à se «réchauffer» pour la course.

À la fin du warm up, nous avons juste le temps d’enlever nos combinaisons, manger et nous rechanger pour commencer la course. Nous partons 15 minutes avant sur la piste pour la procédure de la grille, probablement l’un des moments les plus tendus de tout le week-end. Environ 100 kilomètres de course (le nombre de tours dépend de la longueur du circuit) où la lutte pour le podium est féroce, où nous voulons tous devenir le meilleur pilote de moto, où s’amalgament la force mentale, le physique et la machine sur laquelle nous sommes montés.

Une fois que les mécaniciens se retirent de l’asphalte, nous faisons le tour de chauffe, nous reprenons nos positions sur la grille et quand la lumière rouge s’éteint … la course commence ! »

De quoi est constitué l’entraînement d’un motocycliste professionnel ?

Pré-saison, la phase la plus importante de l’entraînement

« Le physique est fondamental pour être un bon motocycliste. Et c’est précisément la pré-saison la phase annuelle la plus importante de l’entraînement, car vous pouvez effectuer de nombreux entraînements pour améliorer la performance physique sans risque de fatigue lors des courses.

Chaque pilote a ses routines et sa façon de travailler, mais dans mon cas, à la fin de la saison, je prends habituellement au maximum une ou deux semaines de «vacances». Ainsi, à la fin de novembre, nous commençons la pré-saison avec le désir d’améliorer le pilotage pour devenir le meilleur pilote de la compétition.

Pendant ce temps, jusqu’au début du premier test de pré-saison, début février, mon entraînement se fait tous les jours, matin et après-midi, et je ne me repose que le samedi après-midi et le dimanche en entier.

La routine de l’entraînement est essentielle dans le monde de la moto, mais il est également important d’avoir un entraînement varié pour que cela ne devienne pas ennuyeux, donc j’alterne habituellement plusieurs entraînements. Avec la moto, je m’entraîne principalement en motocross, en flat-track et sur une piste de karting avec de petites motos (certains coureurs font aussi de l’enduro et du trial). Au niveau cardio, je pratique aussi bien l’outdoor (route et VTT, ski de montagne …) que l’intérieur (spinning, aviron, natation …). Et tout ceci assaisonné avec une partie de musculation basée sur des poids, et des parcours de force-résistance, etc. »

Entraînement pendant la saison ?

« Une fois la pré-saison terminée, les pilotes ont généralement un test ou une course presque chaque semaine jusqu’à la fin de la saison. À ce moment-là, l’entraînement passe à une phase où vous ne pouvez en pratique que maintenir la forme physique que vous avez atteinte au cours des mois précédents.

Donc, nous éliminons presque complètement l’entraînement en motocross et nous continuons à faire le reste des séances d’entraînement, bien que dans la salle de gym avec des exercices plus dynamiques.

Entre les courses, je me repose le lendemain, ou je roule doucement en vélo pour récupérer. Et du mardi au GP suivant, je reprends l’entraînement normalement, mais pas aussi intensément qu’en pré-saison, en me reposant toujours deux jours avant de revenir sur la moto. »

Un régime strict pour être léger et aérodynamique

« Le régime est un domaine très important pour n’importe quel athlète, mais dans la catégorie de Moto3 cela devient quelque chose de vraiment vital. Moins la moto a de puissance, plus il est important d’être léger et aérodynamique, de sorte que tous les pilotes Moto3 essaient de peser le moins possible afin que la moto performe davantage.

Mon alimentation se base principalement sur les légumes et les aliments riches en protéines, en variant la quantité de glucides en fonction de l’entraînement.

Je fais beaucoup de cardio-training, car cela me permet de manger plus de glucides et de cette façon, il m’est plus facile de contrôler mon poids sans ressentir autant la faim.

Deux jours avant de remonter sur la moto, ainsi que le « repos » de l’entraînement avant le Grand Prix, je commence à charger les glucides afin de remplir les réserves de glycogène pour pouvoir être à mon plein potentiel au cours du week-end.

Il y a une règle qui fixe le poids minimum de l’ensemble moto-pilote (avec le cuir, le casque, etc.) à 152 kg, donc nous essayons tous d’être très proches de ce poids, mais en tenant compte de la disqualification si on est en-dessous.

Dans mon cas, pour être au poids minimum, je dois être à un poids assez bas par rapport à mon poids “naturel”. Mais en plus du poids, il est également très important d’être fort pour pouvoir effectuer 100% de la course, et c’est pourquoi vous devez garder un contrôle strict de l’alimentation. Et, avec autant de voyages et de repas loin de la maison, même le simple fait de garder son poids stable n’est pas une tâche simple. »

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