Le circuit du Mugello n’est pas un tracé particulièrement exigeant avec le système de freinage des MotoGP, à l’exception du freinage en bout de la ligne droite de départ rendu très difficile par les vitesses extrêmement élevées atteintes par les motos.

Cette ligne droite est la plus longue du championnat et les motos y passent de plus de 350 km/h à approximativement 90 km/h en un peu plus de 5 secondes.

L’année dernière, Brembo avait publié un comparatif concernant les freinages de Valentino Rossi et Marc Márquez.

«  La carrière de Valentino Rossi que ce soit en MotoGP, 125 ou 250 (de 1996 à 1999 pour ces dernières) est liée à Brembo. Le Docteur a toujours fait confiance à la marque de freins italienne. Connaissant parfaitement les exigences du pilote, les techniciens Brembo décrivent Valentino Rossi comme un testeur particulièrement exigeant dans la mise au point de son système de freinage.

Réputé pour son freinage très puissant et ravageur, Valentino a l’habitude de grapiller quelques mètres sur les pilotes qui le précèdent. Grâce à son toucher peaufiné tout au long de sa grande carrière, son freinage est toujours demeuré linéaire et jamais brutal.

Afin d’éviter toutes les mauvaises surprises Valentino Rossi privilégie en toutes circonstances la rotation de sa roue avant. C’est pourquoi ses chutes sont très rares comme en témoignent ses 250 Grands Prix disputés consécutivement de 1996 à 2010.

À l’inverse, l’approche du freinage par Marc Marquez est plus «sauvage». L’espagnol qui n’a pas peur de chuter, est toujours à la recherche de la limite. Ainsi en 2015, il a chuté et 6 fois en course ce qui l’a, à chaque fois, conduit à l’abandon.

Son style de freinage sollicite moins son système de frein avant et ce n’est pas un hasard si la RC213V est une des seules motos de la catégorie reine à se contenter de disques d’un diamètre inférieur à la «normale», soit 320 mm (exception faite de l’exigeante piste de Motegi au Japon).

 

Les deux grands rivaux se différencient également par une pratique opposée de l’utilisation du frein arrière.

Bien qu’elles ne soient pas aussi pures que celles de son coéquipier Jorge Lorenzo, des trajectoires en courbe très propres sont une des caractéristiques du pilotage de Valentino Rossi.
Afin de contrôler sa prise d’angle le Docteur préfère se fier à l’accélérateur et au poids de son corps.
En résumé, il sollicite rarement son disque arrière en courbe.

Au contraire Marc Marquez adopte un style qui prévoit le placement du buste et de la tête à l’intérieur de la courbe afin d’ouvrir les gaz au maximum. En corrigeant sa trajectoire grâce à son unique disque arrière il réussit à conserver une vitesse de passage en courbe supérieure à celle de ses adversaires.
Il en résulte une spectaculaire dérive de son pneu arrière qui laisse d’impressionnantes virgule de gomme sur les pistes.

Ces deux utilisations radicalement différentes des freins démontre la grande adaptabilité des systèmes de freinage au carbone Brembo capable d’encaisser des températures de 800 degrés. »