Il n’y a pas si longtemps, en MotoGP, on parlait des quatre fantastiques en référence à un quatuor de pilotes au-dessus du lot à qui la victoire était réservée. Force est de constater à présent que l’on a à faire à un trio infernal. Le triangle d’or a remplacé le carré magique car un côté s’en est allé : Dani Pedrosa.

Un changement qui s’est douloureusement confirmé ce dimanche pour le pilote de 30 ans en fin de contrat au terme de cette saison. Après une absence l’an dernier dû à des raisons médicales, Dani Pedrosa retrouvait son tracé fétiche de Jerez au sortir d’une escapade à Austin mal terminée mais porteuse d’espoirs. Sur un terrain favorable, il allait connaître son niveau actuel après une entame de campagne passée à souffrir des nouveaux pneus Michelin.

Pedrosa à Jerez, ce sont huit premières lignes sur la grille de départ jusqu’en 2014 et neuf podiums dont deux victoires en 2008 et 2013. De quoi se sentir chez soi. Mais il a eu la douleur de constater qu’il y était devenu un étranger. Des séances d’essais passées à assurer sa survie dans le top 10, une place de septième au terme des qualifications à 942 millièmes du poleman Rossi et une course passée loin des ténors pour une quatrième place qui s’affirme comme être ce qu’il pourra espérer de mieux cette année.

Une situation compliquée à vivre pour un champion de cette trempe. Pour son Grand Prix national, il termine à 10 secondes du vainqueur après 27 tours et à trois secondes d’un Marc Márquez qui avait rendu la main, mais aussi sous la menace constante des deux Suzuki. Malgré un départ fulgurant qui l’a propulsé avec les hommes de tête, il a fait illusion avant d‘entrer dans le rang.

Le mal est connu pour l’Espagnol. Il s’agit d’une incapacité à s’adapter aux pneus. Un défaut dont souffrent en fait toutes les Honda, Marc Márquez étant l’exception qui confirme la règle : « nous savions que ce serait une course compliquée après avoir pris la meilleure place possible au terme des qualifications. Car les hommes devant nous se sont montrés plus rapides durant tout le meeting » concède Dani. « Je suis bien parti, attaquant fort lors des premiers tours. Puis j’ai rencontré des difficultés avec mes pneus, tant à l’avant qu’à l’arrière ».

« C’était comme rouler sur une piste mouillée. Je me suis alors concentré pour, à la fois, préserver mes pneus et contenir Aleix Espargaró qui remontait. Il ne fallait pas que je détruise mon pneu arrière. J’ai pu garder Aleix sous contrôle et à la fin de la course, j’ai eu les moyens d’augmenter le rythme pour m’échapper et me rapprocher de Marc qui avait beaucoup sollicité ses pneus, ce qui lui a coûté sur la fin. Lundi, nous avons des tests qui devront apporter des progrès dans les sensations que j’ai avec la moto ». Sinon, il faudra faire contre mauvaise fortune bon cœur durant toute cette saison.