On ne risque plus de s’ennuyer lors des réunions d’un MSMA qui regroupe tout ce que le MotoGP compte de décideurs et d’acteurs dans ses coulisses. La question des ailerons, en effet, s’est invitée à l’ordre du jour.

Des appendices jusque-là quasiment raillés avant de faire florès. Tous les constructeurs ont à présent imité les précurseurs Ducati mais la question du coût de leur développement et les interrogations qu’ils suscitent sur la sécurité tiraillent les sensibilités.

Du coup, les ailettes prennent également une tournure politique, généralement prélude aux arguments dont la bonne foi n’est plus exactement de mise. Chez Ducati, on a senti le vent et Gigi Dall’Igna a décidé de sortir de sa réserve à Jerez pour poser quelques jalons bien sentis.

Ses propos ont été relayés par GPOne et, pour tout dire, si le directeur technique des rouges est prêt à discuter de certaines évolutions en caressant sa barbichette, il n’est pas enclin à raser les moustaches de ses Desmosedici. Il prévient : « je ne voudrais pas les voir éliminer parce que quelqu’un a commencé à les développer en premier et qu’il en tire à présent un avantage ». Que n’ont pas les autres parce qu’ils n’y ont pas cru et que, plutôt que de s’y mettre, ils aimeraient bien couper les ailes du concurrent, au sens propre comme au figuré.

Oui mais la sécurité dans tout ça ? Dani Pedrosa a mené la charge après son accrochage avec Dovizioso. Là aussi, Gigi Dall’Igna analyse : « la sécurité est une question de pointe de vue. N’est-il pas plus sûr de voir une moto garder sa roue avant au sol ? » Les ailerons amélioreraient donc en fait la sécurité. « Si nous parlons de l’incident Iannone en Argentine, on a pu voir que l’ailette s’est détachée. Nous sommes ouvert à la discussion pour faire évoluer les choses ». Mais pas les biffer. Avec les trois meilleurs pilotes assurés dès 2017 de se retrouver chez trois constructeurs différents, les prochains débats techniques promettent d’être animés.