Champion du Monde Moto3 l’année dernière avec dix victoires, le Majorquin de 20 ans s’est imposé avec une centaine de points d’avance sur son principal adversaire Romano Fenati. Il tente sa chance cette année en Moto2 au sein de l’équipe Marc VDS, avec Alex Marquez comme coéquipier. Il s’est entretenu avec Neil Morrison pour Crash.net.

Etes-vous issu d’une famille de motards ?

« Pas tellement. Oui, c’est vrai que mon oncle pratiquait le motocross et mon autre oncle faisait beaucoup de jet ski – ce genre de choses. Mais ce n’était pas une famille folle de motos. C’était juste moi ! Mon père avait un magasin de skateboard, donc c’est curieux.

Comment as-tu commencé la moto ?

« J’ai commencé avec les mini-motos. Puis avec un Kawasaki 65. Puis avec une Metrakit et tous ces types de motos.

As-tu fréquenté l’école du père de Jorge Lorenzo ?

« Oui, j’y suis resté pendant un an ou peut-être deux. C’était mes débuts avec son père. Il m’a appris la base de la moto. Mais je ne me suis jamais entraîné avec Jorge.

Quel genre de choses Chicho Lorenzo t’a-t-il apprises ?

« Il m’a appris le freinage, le maniement de la manette des gaz et un peu la position sur la machine quand j’avais neuf ans. Mais l’homme qui m’a aidé à améliorer mon style de pilotage a été Dani Vadillo, mon entraîneur actuel.

J’ai vu quelques vidéos assez spectaculaires de toi à bord d’une Supermotard. Est-ce que cela a toujours été une méthode de formation ?

« Cette année [2017] je ne me suis pas entraîné avec une Supermotard. Je me suis entraîné avec une moto similaire à une Moto3. Maintenant j’ai commencé à m’entraîner pour la Moto2. C’est important, la glisse et tout ça. Donc j’ai déjà commencé.

As-tu arrêté de t’entraîner avec la Supermotard parce que tu devais être plus souple sur la Moto3 ?

« Oui. Et maintenant j’ai recommencé !

Pensais-tu avoir autant de succès en 2017 ?

« Non, pas autant. Mon objectif en début de saison était de me battre pour le Championnat, mais pas de gagner dix courses et tous ces podiums, une pole et le Championnat. C’est incroyable.

Tu as commencé en Moto3 en 2016 en utilisant une KTM. Qu’est-ce qui t’a convaincu que Honda serait un meilleur choix ?

« J’ai convaincu l’équipe ! Je n’ai pas aimé la KTM. Finalement, nous nous sommes battus pour gagner des courses à la fin de l’année dernière [2016] mais je ne me sentais à l’aise dans aucune course. J’ai dit que je voulais un changement parce que je n’ai pas aimé. L’équipe a également pensé que c’était une idée intéressante.

As-tu ressenti cela à cause de ton style de pilotage ?

« Oui, à cause du style de pilotage. Je suis grand, donc la KTM étant un peu plus petite, c’était difficile.

Lorsque tu as essayé la Honda pour la première fois à la fin de l’année 2016, l’as-tu aimée ?

« Quand je l’ai essayé pour la première fois, je pensais que c’était vraiment bien et la position était vraiment confortable. Mais les temps au tour n’étaient pas bons. Nous étions un peu inquiets. Mais ensuite nous avons changé quelque chose, mis la bonne configuration et nous avons remporté la première victoire au Qatar.

As-tu fait un entraînement spécial pour te préparer aux bagarres dans le dernier tour ?

« Non. Je pense que c’est quelque chose pour lequel tu ne peux pas t’entraîner. C’est impossible, non ? C’est naturel. C’est de l’instinct, oui, et j’étudie un peu mes rivaux. Et c’est tout.

Y a-t-il eu un moment en particulier où tu pensais vraiment pouvoir être Champion ?

« Je pense lorsque j’ai gagné au Mans. Quand j’ai gagné au Qatar et en Argentine, les gens disaient que le Championnat ne commençait pas avant Jerez, en Europe. A Jerez j’ai fait un podium et j’ai gagné au Mans. Au Mans, j’ai dit : « OK, je suis aussi compétitif en Europe, donc je peux maintenir à distance Aron Canet ou Jorge Martin.

As-tu eu beaucoup d’offres pour passer en Moto2 après le début de la saison ?

« Eh bien, c’est normal, non ? Quand vous êtes Champion du Monde, tout le monde vous veut. Je pense que Marc VDS était l’une des meilleures équipes avec un bon coéquipier, et une bonne préparation pour peut-être aller un jour en MotoGP.

Après la course d’Assen, où tu as perdu huit positions dans la dernière partie du dernier tour, tu as dit que tu ne ferais plus cette erreur. Était-ce une grande leçon pour toi ?

« Oui, j’ai appris ! J’ai beaucoup appris parce que j’étais trop confiant. J’ai dit : ‘OK, je vais gagner cette course facilement’ mais ça n’a pas été le cas. Je pensais que si un pilote me dépassait, je le rattraperais dans le dernier virage, et que ce serait facile. Puis huit d’entre eux m’ont dépassé ! C’était quelque chose à apprendre.

Quelles sont tes attentes pour ta première année en Moto2 ?

« Mes attentes ? Je ne sais pas. Sur le papier, je devrais être bon ! C’est vraiment difficile à dire. Je veux en profiter, c’est l’essentiel. Je veux profiter de la Moto2 pour essayer de faire mieux jour après jour. »

Photos © Motogp.com / Dorna, Leopard Racing, Circuito Jerez

Source : Neil Morrison pour Crash.net