L’équipe belge de Marc van der Straten et Michael Bartholémy a réalisé un excellent recrutement d’intersaison, avec le Champion du Monde Moto2 Franco Morbidelli, son dauphin Tom Lüthi et le quatrième Alex Marquez. Engager le champion Moto2 en titre implique forcément une comparaison qui n’est pas simple avec Johann Zarco, auteur d’une saison rookie extraordinaire en MotoGP en 2017.

« C’est une question que l’on me pose souvent, reconnait Bartholémy, mais je ne crois pas qu’on puisse atteindre les mêmes résultats. La Honda n’est pas forcément la moto idéale pour débuter. Elle est un peu compliquée à piloter, elle nécessite une certaine expérience. Mais d’un autre côté c’est aussi la moto Championne du Monde. Aujourd’hui la grille comporte 10 pilotes usine, donc si tu termines juste derrière, ce n’est pas si mal. C’était d’ailleurs l’objectif qu’on s’était fixé avec Jack et nous en étions tout proches malgré un forfait. Alors si je peux finir dans ces eaux avec Franco, pour une première saison ça serait déjà bien. Concernant Tom, j’aimerais le voir arriver dans les 15 premiers. »

Pourquoi avez-vous choisi Franco Morbidelli et Tom Lüthi ?

« Le choix de Franco était assez clair. Le but du team est d’obtenir les meilleurs résultats avec nos pilotes du Moto2, pour ensuite les amener dans notre structure MotoGP. En 2016, nous avions déjà fait une bonne saison avec Franco et dans la foulée, ce dernier a décroché le titre. Nous voulions donc l’avoir avec nous en MotoGP et nous avons su trouver un accord sur deux ans, ce qui est super. »

« Pour le second pilote, nous étions convaincus de garder Jack. Ça semblait bien engagé, mais il y a ensuite eu quelques petits soucis. Jack était directement sous contrat HRC. Nous avons tout fait pour le garder, même s’il y a des choses que nous n’étions pas en mesure de changer. Finalement il a décidé de signer chez Pramac. Nous avons donc dû nous orienter vers un autre pilote et le marché des transferts était déjà bien amorcé. Il s’avère que ces dernières années, nous nous sommes souvent battus face à Tom en Moto2, alors on s’est dit : « Après tout pourquoi pas lui ? » Je l’avais vu rouler en Autriche avec la KTM, de là tout s’est fait rapidement. Franchement je suis content de notre choix. »

Votre contrat avec Honda expire en fin d’année. Où en êtes-vous dans les discussions ?

« Je crois que nous avons fait du bon travail avec Honda ces trois dernières saisons et qu’ils ont toujours tenu promesses. Mais dorénavant nous disposons d’un contrat d’un an et non de trois. Depuis Valence, il y a eu de quelques changements chez eux. À voir ce qu’ils peuvent nous offrir par la suite, si nous aurons de nouveau des motos d’usine, comme ce fut le cas par le passé. Tout se décidera vers les mois d’avril/mai. La seule chose que j’aimerais, c’est un peu de stabilité avec un contrat de longue durée qui nous unisse à Honda ou n’importe quel autre constructeur, car ça met moins de pression. »

En raison de sa blessure, Tom part avec un léger retard comparé au reste du plateau dans la mesure où il était absent lors des deux tests en novembre. Est-il totalement rétabli ?

« Il est exact qu’avec Tom, nous sommes un peu partis du mauvais pied en effet. Sa blessure de Sepang lui a fait manquer les premiers tests, mais dès le début d’année, nous avons pu organiser des séances d’entraînement en Espagne, que ça soit en Supermotard, en motocross, ou en flat-track. J’espère à présent que nous pourrons combler ce retard au plus vite, lors des tests prévus à Sepang, en Thaïlande et au Qatar. Il s’agit d’avoir le meilleur package possible en vue du premier Grand Prix au Qatar. »

Franco Morbidelli a pu rouler quatre journées au guidon de la Honda. Comment se sont passés ces tests ? Quelles sont vos impressions après ses premiers tours de roues ?

« Franco a effectivement eu l’occasion de rouler avec nous en fin de saison et dès les premiers essais j’étais plutôt content de ses performances. Avec la moto dont nous disposions en 2017, il était presque déjà dans les mêmes chronos que ceux réalisés par Tito au bout de deux ans. »

Photo © Marc VDS

Source : Interview intégrale sur motogp.com /Dorna