Membre de la VR46 Riders Academy et Rookie de l’année en Moto2, Francesco « Pecco » Bagnaia est un des rares pilotes nés à Turin. Il naquit au pied des Alpes le 14 janvier 1997 et nous en profitons pour lui souhaiter un bon anniversaire.

Pour le début de sa carrière internationale, Francesco rejoignit Monlau Competición et finit troisième du CEV en 2011, avec une pole position et une victoire. Recruté par le team Italia FMI en 2013, l’Italien connaissait des débuts compliqués en Moto3. Il ne marquait aucun point, mais décrochait un guidon au sein du Sky Racing Team VR46 au même titre que son coéquipier Romano Fenati. En 2015, Pecco abandonnait sa KTM pour une Mahindra du team Aspar, avec laquelle il remportait la victoire à deux reprises, à Assen et à Sepang.

L’an dernier, pour ses débuts en Moto2 sur une Kalex de l’Academy, il se classait cinquième du Championnat du Monde et premier rookie, avec 4 podiums à Jerez, au Mans, en Allemagne et à Misano.

Le titre de “rookie de l’année” était-il votre objectif ?

« Oui, et cela me rend fier parce que la compétition était de haut niveau : le Champion du Monde Moto3 Binder, plus Navarro, Quartararo et Andrea Locatelli étaient venus avec moi. »

L’année dernière, vous êtes retourné avec le Sky VR46. Comment s’est déroulé ce retour ?

« J’ai trouvé une structure bien améliorée, j’ai passé beaucoup de temps avec ceux qui m’entouraient – avec des dîners en groupe et pas seulement – parce que je veux avoir la meilleure relation possible avec ceux qui travaillent à côté de moi. Il est important de créer confiance en l’équipe, et c’est l’une des forces de mon package aujourd’hui ».

Quel a été le principal ajustement dans la transition de la Moto3 à la classe moyenne ?

« Vous pouviez penser à la puissance du moteur, mais en réalité j’ai appris à la gérer, en partie parce que j’avais vécu ce mini-test à Valence sur la Ducati MotoGP, qui a deux, sinon trois fois, la puissance d’une Moto2. L’ajustement a surtout été dans la gestion du poids de la moto, un aspect qui nous a obligés à entreprendre un long travail, dans lequel nous avons peut-être fait un tournant décisif lors des récents essais de Jerez et Valence quand nous avons tout de suite vu les avantages liés au changement de suspension, avec la transition vers Öhlins ».

Pour la première fois, vous commencerez une saison en rejoignant la liste des candidats au titre mondial : vous sentez-vous sous pression ?

« Non, car avoir le bon package pour essayer de gagner est le meilleur sentiment ! En fait, c’est la première fois que je suis sur la liste des prétendants au titre, et cela m’excite. Je sais bien que le voyage ne sera pas simple et qu’il y aura un certain nombre de règles fondamentales à respecter. »

Lesquelles ?

« Ne gaspillez rien, ne laissez rien au hasard, soyez constant et travaillez avec la tête gagnante, cela veut dire ne pas sous-estimer qui que ce soit mais en même temps être totalement convaincu de ses propres moyens. C’est cette confiance qui permet de croire que de bonnes choses seront destinées à se présenter devant vous. Il s’agit de mettre à profit deux leçons apprises durant ces années ».

A quoi faites-vous référence ?

« Dans le premier cas, deux ans en Moto3 avec les Mahindra, en 2015 et 2016, car c’est là que ma maturation a commencé : le travail avec le team Aspar m’a fait grandir parce que je pilotais une moto qui, avec tout le respect, n’était pas la meilleure de la grille, et j’ai dû récupérer dans la courbe ce que j’ai perdu sur la ligne droite. Donc j’ai dû beaucoup travailler sur la conduite et les réglages, j’ai appris beaucoup de choses importantes, en commençant par le fait que rien ne doit être laissé au hasard. »

Et l’autre leçon ?

« Elle vient évidemment de Franco Morbidelli. Quand je parle de “tête pour gagner” je vois sa saison pendant laquelle il est devenu Champion du Monde. Franco était absolument convaincu de ses propres ressources et cela lui a permis de gagner même quand il n’était pas favori. Qui gagne la course après un week-end difficile s’avère être un pas au-dessus des autres ».

Oliveira a remporté les trois dernières courses, dans lesquelles Binder a toujours été sur le podium. La progression de KTM est-elle inquiétante ?

« Ce n’est certainement pas à sous-estimer, mais pas surprenant, compte tenu de la taille et de l’expérience de la maison, qui a réalisé un excellent développement au cours de l’année. KTM a fait le dernier saut qualitatif grâce au nouveau bras oscillant, utilisé lors des quatre dernières courses, dans lesquelles nous avons eu du mal à être incisifs. KTM a atteint son apogée, mais maintenant nous attendons également la réponse de Kalex ».

Comment se matérialisera-t-elle ?

« À Jerez et à Valence, nous avons testé une version évoluée de la moto 2017, mais nous nous sommes concentrés principalement sur le travail de suspension. Pour les prochains essais, nous attendons un nouveau cadre et un nouveau bras oscillant. Kalex travaille dur parce qu’il veut continuer à régner en Moto2 ».

Photos © VR46 Riders Academy

Source : Motosprint