Le pilote du Sky Racing Team VR46 s’est entretenu avec le sponsor Oakley et RSC Studio au sujet de son enfance, sa carrière et, bien évidemment, de son demi-frère Valentino Rossi. En voici quelques extraits traduits.


Lorsque l’on demande à Luca Marini d’où lui vient sa passion pour la moto, on s’attend à ce qu’il parle de Valentino Rossi. Pourtant, la raison est tout autre : « Tout a commencé lorsque j’avais quatre ans. Durant la semaine je passais souvent devant la piste de mini moto de Cattolica avec mes parents. J’ai demandé à y aller et à regarder. J’ai commencé comme tout le monde avec des petites roues et un verrou à la manette des gaz. D’abord avec les mini motos, seulement ensuite avec le vélo et c’est immédiatement devenu un bon jeu. »

Le jeune Luca a su très tôt qu’il avait attrapé le virus de la moto, et a décidé, malgré son jeune âge, de ne faire que cela : « J’ai commencé à courir dans le championnat italien à sept ans, puis j’ai fait le Championnat d’Europe aux Pays-Bas. Je me souviens très bien du voyage en voiture avec mes parents. J’ai commencé par un jeu, puis je me suis tellement amusé que j’ai commencé à prendre conscience que cela pouvait devenir un « travail. » Mes parents m’ont fait essayer d’autres sports, mais vers 14 ans je leur ai fait part de ma décision: je voulais seulement courir à moto et faire de ce sport mon travail. »

Forcément, lorsqu’il s’agit d’évoquer les personnes qui l’inspirent, il n’est pas étonnant de le voir citer son frère : « J’ai beaucoup de modèles ! Déjà, il y a bien évidemment mon frère, Valentino Rossi, un maître dans tout, pas seulement à moto. C’est quelqu’un qui donne toujours des conseils justes, il se trompe rarement et c’est pour cela que je lui demande souvent son aide, même sur des sujets qui sont autres que la moto. Et puis il y a forcément mes parents, qui m’ont éduqué de la meilleure façon possible. »

Rossi en MotoGP et Marini en Moto2, on se dit qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que les deux frères parviennent à courir l’un contre l’autre juste avant que le Docteur ne prenne sa retraite. Le plus jeune des deux y pense d’ailleurs : « J’espère encore pouvoir rouler un jour contre lui. Pour l’instant je fais une autre année en Moto2 et je dois penser à être rapide et essayer de décrocher des résultats importants. On verra ensuite ! »

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Luca Marini n’estime pas que son statut de « frère de » l’ait privilégié ou à l’inverse handicapé plus que cela : « Au début je ne crois pas que cela ait joué. Ensuite oui, cela m’a aidé. Lorsque j’ai commencé, c’est mon père qui m’a suivi et qui s’est occupé de me trouver un team et une moto. Lorsqu’ensuite le projet de l’Académie est né, mon frère m’a donné un gros coup de main et, aux côtés de Franco Morbidelli, j’ai été l’un des premiers à vivre cette expérience. Si je suis ici aujourd’hui c’est grâce à eux, mais au départ, tout le mérite revient à mon père, qui m’a toujours soutenu. Objectivement, il ne me semble pas avoir bénéficié de traitements spéciaux du fait d’être le frère de Valentino Rossi. J’ai toujours été traité comme un pilote normal, ce qui est bien, et j’en suis content car cela m’a permis de faire ma propre expérience et d’apprendre de mes erreurs. »

Enfin, très objectif sur lui-même, il a analysé son point faible et son point fort : « Je pense trop, mon chef technique me le dit tout le temps. Je pense aussi beaucoup en pilotant. Il faudrait plutôt que je me laisse plus guider par mon instinct. J’y travaille. A l’inverse, je parviens à être froid et lucide. Je pense être l’un des pilotes les plus calmes sur la grille de départ, je n’ai jamais eu de problèmes avec la pression. C’est mon caractère et probablement mon point fort. »