Khairul Idham Pawi est un pilote venu de Malaisie qui a la faculté de surprendre son monde. Anonyme dans un peloton de Moto3 qu’il a seulement découvert en 2015, il se révèle dès les premières gouttes de pluie tombées sur la piste. C’est alors un prédateur amphibien qui surgit, s’amusant à littéralement tourner autour de ses adversaires. Une démonstration vue à deux reprises en 2016, en Argentine et en Allemagne dont nous avions pu connaître le secret. Une fois sec, il rentre dans le rang. Un mystère que Tadayuki Okada a décidé d’éclaircir en lui donnant sa chance en Moto2.

Le patron Japonais du team Idemitsu a donc parié sur le Malaisien Pawi pour être l’équipier de Nakagami en vue de l’exercice 2017 du Moto2. Une ascension que deux victoires conquises sous la pluie ont légitimée. Certes, mais, Pawi a été la plupart du temps aux abonnés absents du Moto3 lorsque les conditions de piste étaient, disons, normales. Un grand écart dans les performances, selon les conditions météo, qui fait peut-être du pilote de 18 ans, plus une curiosité qu’un authentique espoir.

Okada s’est donc lancé dans un sacré challenge. D’ailleurs, il est le premier à le reconnaître. Sur Speedweek, il précise : « je ne sais pas vraiment à quoi je vais devoir m’attendre avec Khairul cette saison. Mais sous la pluie, il pourrait bien causer la surprise. S’il arrive à répéter en Moto2 ce qu’il a fait dans ces conditions en Moto3, alors il fera certainement de bons résultats ».

Certes, mais ensuite ? Que l’on se rassure, le Japonais, ancien pilote Honda du temps de la 500, l’a fermement pris en main : « il devra donner le meilleur de lui-même physiquement et mentalement, mais de la façon la plus correcte. Ce sera essentiel pour faire la transition du Moto3 au Moto2. J’ai tourné avec lui en Dirt Track et en Supermoto, et si j’ai vu de bonnes dispositions, il n’a pas été pour autant plus rapide que moi ».

La formation Okada sera donc sans indulgence : « depuis qu’il a signé chez nous, il s’entraîne en privé chez lui, il roule beaucoup. Mentalement, il est très très fort et il est bâti comme un culturiste. Il a vraiment une bonne musculature. Il est encore jeune, mais il a ce qu’il faut pour gravir les échelons. Il est toujours de bonne humeur et c’est un bon compagnon ».

« Le passage du Moto3 vers le Moto2 ne sera pas facile. Je l’ai fait tourner autant de fois qu’il était possible durant les tests. Une centaine de tours par jour. Bien sûr, il était fatigué à la fin, mais je lui ai dit qu’il fallait continuer ainsi car c’était important pour lui, tant physiquement que mentalement. C’est ma façon de voir les choses, la bonne méthode pour un jeune pilote de se familiariser aussi vite que possible avec le Moto2 ».

Il termine : « je ne lui ai pas donné d’objectifs particuliers pour cette première saison. Il doit apprendre à bien piloter sa moto et à bâtir sa confiance. Ceci acquis, les résultats viendront d’eux-mêmes ».

On rappellera que son plus expérimenté équipier Nakagami s’est déclaré comme un prétendant au titre en vue d’une accession en MotoGP en 2018.

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