En 2017, il y eu quelques désillusions vécues par des teams qui, jusque-là, s’étaient abonnés aux avant-postes. En MotoGP par exemple, on a perdu le fil chez Yamaha, mais des absences inattendues ont aussi été constatées dans les autres catégories de Dorna. Ainsi en Moto3 où les troupes du Viking Aki Ajo n’ont strictement rien conquis. Un coup d’arrêt pour une structure reconnue comme celle ayant le palmarès le plus fourni dans la discipline d’entrée en Grand Prix. Sur Speedweek, le patron explique cette soudaine disette après dix ans de triomphe …

Pour comprendre l’événement vécu en Moto3 en 2017, il faut se remémorer ce qu’est le label Ajo en Moto3. Qui était déjà une marque frappée du sceau du succès du temps de la 125cc. Couronne en 2008 avec Mike Di Meglio, titre en 2010 avec Marc Márquez, puis sacre en Moto3 avec KTM en 2012 avec Cortese suivi du championnat 2016 avec Brad Binder.

Mais en 2017, Honda a raflé 17 victoires sur 18 courses disputées. Par ailleurs, Ajo est l’homme qui transforme un pilote en champion. En 2007, il a enrôlé un Mike Di Meglio que personne ne se disputait et il a fait de même en 2014 avec Jack Miller. Enfin, en Moto3, tous ses pilotes Sandro Cortese, Luis Salom, Jack Miller, Miguel Oliveira et Brad Binder ont toujours été en lutte pour le titre de 2012 à 2016. Ce qui s’est concrétisé à deux occasions par le gain du championnat en 2012 avec Cortese et en 2016 avec Brad Binder.

Une recette infaillible ? 2017 aura été l’exception. Avec une déception avouée : Antonelli, qui ne s’est pas métamorphosé comme ses prédécesseurs : « j’ai été personnellement très déçu de travailler avec Antonelli. Il comptait pourtant parmi mes choix avec Bastianini, Fenati et d’autres. Je l’avais observé pendant des années et j’avais vu quelque chose en lui, comme un diamant brut à polir. Mais il n’était pas prêt pour ça. Mais je suis aussi déçu par moi-même car je n’ai pas trouvé la voie vers lui pour concrétiser ».

Pour l’autre pilote Bo Bendsneyder, le jugement est moins dur : « il avait fait deux podiums en 2016 et il a fait un top 5 comme meilleur résultat à Brno en 2017. Je n’attendais pas de lui des victoires car il n’en était qu’à sa deuxième année en Moto3. Il est déjà grand et lourd, ce qui est un désavantage pour lui dans la catégorie. Ses résultats n’ont pas été excellents mais j’ai été content de la façon dont il a progressé et de sa manière de travailler. Peut-être qu’il aurait pu faire une troisième saison à ce niveau, mais je comprends que de par sa morphologie, son passage en Moto2 lui semblait dans l’ordre des choses ». Une montée en gamme qui se fera au sein du team Tech3.

En 2018, le team Ajo n’alignera qu’une seule KTM pour Darryn Binder âgé de 19 ans. C’est lui qui aura la charge de remettre l’équipe du Finlandais aux avant-postes afin de lui faire passer le cap des 160 podiums. Ceci étant dit, Ajo a eu l’occasion de se consoler avec le Moto2 l’an passé, avec une nouvelle KTM qu’Oliveira a notamment placé sur la plus haute marche du podium lors des trois dernières courses de la saison passée…