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Attaqué jusque dans les derniers centimètres du Grand Prix d’Italie par les coéquipiers Jorge Martin et Fabio di Giannantonio, Marco Bezzecchi a réussi à arracher au sprint une splendide deuxième place qui lui permet de conserver la tête du Championnat du Monde.

Pour Florian Chiffoleau, son chef d’équipe français:

Bezzecchi était bon cinquième des qualifications, mais derrière quatre Honda. Comment se sont passés les essais ?

« Les essais ont été assez compliqués car on avait pas mal de problèmes d’adhérence à l’avant. Ça générait du mouvement à l’avant. Ces essais ne furent donc pas simples, mais en qualification Marco a montré un bon rythme. Lors de son deuxième run, il a allumé en rouge les partiels T1 et T2, avant d’être un peu gêné par Foggia. Il a donc perdu beaucoup de temps dans le secteur T3 et il n’a pas pu réaliser la pole position, or je pense qu’il en était capable car il était très fort dans le secteur T4. Mais c’était quand même relativement positif à la fin des qualifications. »

Malgré une chute lors du warm up, Marco en a quand même terminé troisième derrière Jorge Martin et Aron Canet. Le côté positif avant la course, c’était que seul Maverick Viñales (FTR Honda) l’avait emporté en 2012 depuis la pole position en Moto3 au Mugello. C’était la seule victoire Honda en Moto3 sur ce circuit jusqu’à présent.

 Cette année, les Honda étaient-elles plus performantes que les KTM au Mugello ?

« Je pense qu’elles étaient plus faciles à régler et à piloter, car je l’ai dit précédemment, on avait beaucoup de mouvement au niveau notamment de l’avant. En fait, c’était un problème généralisé, qui impactait aussi Honda, tout en se répercutant moins au niveau du pilotage. Au Mugello, les KTM souffraient un peu plus. »

Il n’y a eu que deux vainqueurs italiens au Mugello depuis la création de la catégorie Moto3 en 2012 : Romano Fenati en 2014 et Andrea Migno en 2017. Le GP d’Italie est-il défavorable aux pilotes transalpins ?

« Je ne dirais pas qu’il est défavorable, même s’il est vrai que c’est un circuit assez compliqué. Ensuite il y a certainement un peu de pression. Le Mugello est un circuit mythique et je pense qu’il y a un peu de pression sur les épaules des pilotes parce que les médias locaux en attendent beaucoup. Il y a énormément de fans, de supporters, de tifosi, donc les pilotes veulent bien faire et ils se mettent un peu la pression. C’est pour ça que les résultats ne sont pas toujours là. Mais malgré cela Marco a fait une très belle course en terminant deuxième. C’était joli. »

On a vu que la course s’était longtemps jouée de manière très tactique, or si les trois premiers avaient à peu près le même âge (entre 19 et 20 ans), leurs expériences étaient différentes avec 26 GP pour Bezzecchi, 41 pour di Giannantonio et 54  pour Martin.

« Effectivement, ça fait une grosse différence d’expérience. Pour Marco, dont ce n’est que la deuxième saison en mondial, c’est d’autant plus impressionnant qu’il arrive à un niveau très élevé. Mais on avait vu déjà l’année dernière qu’avec la Mahindra – qui était un peu en dessous au niveau performance – il avait fait de très belles choses comme le podium au Japon, mais pas seulement. Il arrivait à rentrer dans le top 10, ce qui n’était pas évident avec cette moto. Il avait déjà montré à ceux qui suivaient de près de très bonnes performances l’année précédente. »

On aura une pensée pour di Giannantonio qui a terminé au cours des 3 dernières années à 0.038, 0.037 et 0.043 du vainqueur du GP d’Italie !

Deuxième dimanche à un centième de Jorge Martin, Marco Bezzecchi est toujours leader du championnat avec 3 points d’avance sur Martin et 8 sur di Giannantonio. Vous espériez être si bien placés à l’issue du premier tiers du Championnat ?

« J’avoue que non. J’espérais être dans le top 7. Actuellement effectivement c’est vraiment super. Chaque course que nous avons finie l’a été sur le podium. Au Qatar, il est tombé à la suite d’un contact, est remonté sur la moto et a fini 14e. Il a chuté au Mans (ndlr : en tête, dans le dernier virage du dernier tour). Sinon il finit sur le podium systématiquement. Donc ça montre un très gros potentiel et j’en suis super content. »

Au Championnat constructeurs, KTM vous doit une fière chandelle avec 1 point d’avance sur Honda. Vous entretenez de bons rapports avec les Autrichiens ?

« Il y a une très bonne relation entre KTM et l’équipe PruestelGP. On discute beaucoup, on échange nos idées. Ils proposent pas mal de choses pour faire évoluer la moto. Ce qui est important, c’est que nous avons un bon dialogue, un échange d’idées constructif, pour pouvoir avancer et faire évoluer la moto. Ce dialogue est très important. »

Podium du Mugello :

Photos © PruestelGP, motogp.com, Dorna TV Vidéopass

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