La moto, c’est avant tout un sport mental. En faisant le point sur le chemin qu’il s’est tracé vers le titre mondial en Moto3, Brad Binder reconnaît que sa course à Jerez l’a transfiguré. Partir dernier pour finir premier, ça vous change un homme.

Il reste encore quatre Grands Prix à disputer, mais il est un homme dans le paddock qui en a déjà terminé avec sa saison. Celui-là est un Brad Binder, proche de Jack Miller, qui est devenu en Aragon le troisième Sud-Africain à devenir Champion du Monde. Un événement pour ce pays qui redécouvre grâce à son compatriote les joies de la moto : « je crois que l’impact a été assez important. J’ai reçu un nombre incroyable de demandes venant des médias » a commenté l’équipier de Bendsneyder sur MotoGP.com. « Mon téléphone sonnait toutes les deux secondes. J’ai dû le laisser dans la voiture durant tout le week-end. Depuis ce dimanche, j’ai parlé avec sept ou huit médias de mon pays, quelque chose est en train de changer ».

A propos de changer, Brad Binder aussi a connu sa métamorphose. Et l’officiel KTM qui ira en Moto2 pour profiter du nouveau châssis de Mattighofen pour la catégorie, sait exactement quand elle s’est produite : « je dirais que c’est à Jerez. Remonter depuis la dernière position et gagner, c’était incroyable. En plus, c’était aussi ma première victoire, je n’aurais pas pu espérer mieux ». Une énergie, une certitude qui l’ont ensuite accompagné : « à chaque fois que je me suis retrouvé en difficulté, j’ai repensé à cette victoire, que j’avais remportée en partant dernier, et elle m’a servi à me convaincre que je pouvais gagner sur n’importe quel circuit ».

L’ essentiel étant acquis, quid de la suite pour Binder ? Que l’on se rassure, il ne se reposera pas sur ses lauriers fraîchement cueillis : « ce sont quatre courses pour lesquelles notre objectif sera de nous faire plaisir et d’aller sur chaque circuit avec l’ambition de donner le meilleur. Ce sera sûrement une sensation étrange parce que j’ai souvent dû être prudent cette année alors que maintenant je vais pouvoir viser la victoire à chaque fois ».

Et puis gagner avec une KTM sur les terres de Honda est un plaisir qui ne se refuse pas.

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