Les Grands Prix offrent un spectacle qui s’affirme comme le meilleur des sports mécaniques, mais il est tout de même un élément qui gâche la fête : les qualifications du Moto3. Et plus particulièrement les cinq dernières minutes d’un exercice où prendre l’aspiration, c’est trouver l’inspiration. Sauf que plus de trente pilotes décident d’agir ainsi au même court moment sur une piste pour le coup devenue étroite. Et la cohabitation se passe mal. Les protagonistes qui attendent une roue se retrouvent pénalisés quand ce n’est pas l’accident qui se produit. Pour le moment ce dernier s’est révélé d’abord spectaculaire avant d’être grave. Mais la discipline semble comme en sursis.

De quoi interpeller l’homme de la sécurité Mike Webb. Qui est le premier à regretter à devoir annoncer une grille de départ chamboulée par les sanctions quelques minutes avant le lancer de la course. Pour la lisibilité du spectacle, c’est plutôt moyen. Surtout que les pénalités sont prononcées à échelle industrielle. Jugez-en : 19 pilotes sur 32 en Aragon ou encore 23 pilotes marqués au fer rouge à Misano. Pas moins !

La raison en est que Webb et son équipe doivent se passer la vidéo de la trentaine et plus des participants et décider si l’un d’eux a été trop lent sur son chrono de base sur plus de trois secteurs du tracé où s’il a sciemment attendu un pilote pour pendre son sillage. Dans ce dernier cas, il y a aussi des amendes, comprises en 500 et 1 500 euros selon la fréquence de l’initiative.

Un dispositif qui, visiblement ne dissuade pas. A chaque Grand Prix, c’est la même farce tragicomique qui se répète. Alors on pense à changer la règle. L’idée d’une Superpole à la Superbike a été écartée car trop longue à insérer dans le meeting au timing serré. Alors on se dirigerait vers une hiérarchie répartie en trois groupes de force au terme de la FP3.

Ces groupes constitués d’au plus une vingtaine de pilotes auraient un délai de douze minutes pour faire son office. Une fois la représentation terminée, on mélangerait le tout et les places seraient distribuées selon le classement obtenu dans son groupe. Ce qui induit une première ligne composée des trois premiers de groupe, et ainsi de suite. Ainsi, un groupe qui aurait été obligé de travailler sur une piste plus humide que les autres ne serait pas handicapé. Cependant, certains, lors de la FP3, pourraient dans ce cas se mettre à calculer pour éviter de se retrouver parmi le groupe des ténors pour mieux, ensuite, tirer son épingle du jeu dans la constitution de la grille…

Pour le moment, tout ça reste un projet. Mais ce qui est certain, c’est que la saison prochaine, un nouveau schéma pour les qualifications du Moto3 est ardemment recherché.

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