La dernière édition du Grand Prix d’Aragon ne restera pas un bon souvenir pour les troupes Ducati. Les Desmosedici ont souffert cette année du côté d’Alcaniz, jusqu’à connaître un naufrage collectif en course.

Pire, elles terminent toutes derrière les deux Aprilia officielles. Aprilia est un compatriote et c’est justement pour cette raison qu’il est de bon ton de le dominer. Or, en Aragon, le week-end passé, c’est le contraire qui s’est passé.

Une soudaine révélation de la RS-GP ? Un peu, mais pas que.

Les Ducati ont été tétanisées par un manque d’adhérence à la fois récurrent et généralisé.
On sait que l’officiel Andrea Dovizioso a fait illusion durant les premiers tours avant de devoir baisser de rythme et serrer les dents jusqu’à une ligne d’arrivée franchie hors du top 10. L’Italien s’est voulu à l’arrivée diplomate en ne fustigeant pas Michelin. Il a juré qu’une expertise commune entre Ducati et le manufacturier allait être menée e concert pour démêler l’écheveau. Elle doit être poussée puisque, pour le moment, on n’en a aucune nouvelle.

Chez les pilotes satellites, on rumine aussi sa déception. Ainsi Yonny Hernandez : « nous étions compétitifs, je me battais pour la onzième place. Malheureusement, le pneu a commencé à se dégrader à partir de la mi-course. Ma moto glissait tellement que je pouvais seulement essayer de gérer l’avance dont je disposais. Vous vous sentez pris au piège et c’est frustrant. Tous les autres concurrents vous passent, alors que vous pouvez théoriquement rouler plus vite. Mais quand nous avons du grip, nous savons que nous pouvons nous battre pour un Top 10 ».

Chez Hector Barberá, on se fait plus précis sur la source du souci : « le week-end a été compliqué, l’adhérence était très précaire à l’arrière. Nous avons essayé de résoudre ce problème durant le week-end, en vain. Durant la course, ma moto glissait beaucoup et n’était pas très rapide en ligne droite. Michele Pirro m’a heurté dans le premier tour. J’ai dévié de la trajectoire, j’ai tout donné pour revenir ensuite. C’était difficile, mais je ne pense pas que le résultat aurait été différent sans cet incident. J’espère que Michelin amènera de nouveaux pneus lors des prochaines courses car tous les pilotes Ducati avaient le même problème sur ce tracé. Ce n’est pas normal de voir Andrea Dovizioso, tout juste quatre secondes devant nous ».

Impuissance, piège, frustration, ces mots sont souvent revenus dans le clan Ducati en Aragon. Ils ont aussi reçu un écho favorable du côté de Dani Pedrosa.

Quant à Michelin, son silence sur le sujet est pour le moment assourdissant, mais nous allons les contacter.

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