C’est sous les applaudissements que se sont présentés Cal Crutchlow, Johann Zarco et Alex Rins à cette conférence de presse post-course du Grand Prix d’Argentine.

Mais si les applaudissements étaient nombreux, ce n’était pas le cas des journalistes, sans doute occupés à chercher des commentaires de Valentino Rossi (Voir ici) et Marc Márquez (Voir ici) sur les incidents qui ont eu lieu en course et dans le box Yamaha. Cal Crutchlow n’a pas manqué de le souligner dès sa première réponse, et a même annoncé qu’il ne parlerait plus aux médias non présents à la conférence de presse.

Ensuite, son humour a repris le dessus…

Comme à notre habitude, nous reportons ici notre traduction de l’intégralité des propos de Cal Crutchlow, sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.


Cal Crutchlow : « avant tout, où sont les médias ? C’est un manque de respect pour le spectacle que nous avons donné ! Ils sont en train de chercher à faire des gros titres, mais les gros titres sont là, avec ces 3 gars qui sont montés sur le podium. Nous avons mis beaucoup de cœur pour nos teams, pour nous-mêmes, nous avons attaqué, et ceci est irrespectueux. Finalement, le reste des médias n’ont pas voulu s’embêter à venir et ils n’auront plus mes commentaires jusqu’à la fin de l’année. Merci !

Quoi qu’il en soit, nous avons tous les trois fait une bonne course, mais aussi Jack. Nous avons très bien contrôlé la situation. Je pense qu’il était très facile d’être frustré au début, et j’ai été frustré dans le box à cause de la situation. Je n’ai pas compris ce qui s’est passé. Je pensais que le règlement disait que l’on pouvait aller au bout de la pit-lane puis aller sur la grille. Je pense qu’il y avait trop de pilotes pour aller là où nous devions aller. Donc je pense c’était une bonne décision de retarder la course. Puis nous sommes partis. Je savais que ce week-end, je pouvais gagner ou finir second de ce Grand Prix. Que ce soit sur le mouillé ou sur le sec. J’étais déjà rapide l’année dernière, j’avais l’allure pour être vite au Qatar, tout comme ces 2 gars qui ont été là à chaque course, et ils étaient là au Qatar aussi. J’ai pris le minimum de risques et je suis resté à la 4e position pendant longtemps. Mon pneu avant était beaucoup trop tendre pour moi, deux crans plus tendres que ce que nous avions l’année dernière, et j’avais beaucoup de mouvements avec le réservoir plein au freinage. J’ai donc essayé de préserver ça et de garder un écart acceptable. J’ai également choisi beaucoup de trajectoires différentes d’eux sur le mouillé, au cas où l’un d’eux aurait chuté. Je ne voulais pas être mis hors course au cas où l’un d’eux aurait chuté. Au final, j’ai pu les doubler. C’est une très longue saison mais je savais que je pouvais les battre à la fin de la course. Je savais où je pouvais les doubler et où je ne pouvais pas les doubler.

Nous avons fait un bon travail, mon équipe a fait un travail fantastique durant tout l’hiver lors de la pré-saison, Honda a fait un travail fantastique sur le moteur durant les 2 mois d’hiver. Nous devons donc les remercier, et pour cette victoire également. Il est sûr que si la course avait été normale, Marc aurait été très très fort, mais je pense que, à part Marc, nous étions les deuxièmes plus rapides ce week-end, sur le sec ou le mouillé. Nous avons eu une qualification très difficile, mais bien sûr, nous sommes heureux de partir d’ici avec une victoire. Comme je l’ai dit, ces 2 gars ont très bien piloté et on doit leur en donner crédit. J’ai gagné avec la vitesse la plus petite possible car il n’y a pas de raison de prendre le moindre risque pour le championnat. Le rythme était plutôt rapide, mon tour le plus rapide dans le dernier tour cette année était plus rapide que lors des 2 dernières années, donc au final, même avec de l’eau sur la piste, le rythme était bon. Je me suis senti à l’aise et confiant, et nous nous rendons maintenant au Texas ».

Vous êtes le premier Britannique depuis Barry Sheene en 1979 à diriger le Championnat de la catégorie reine des Grands Prix. Parlez-nous des derniers tours. Vous attendiez-vous à une attaque ?

« Euh… avant tout, c’est vraiment très sympa de faire partie de ce groupe de pilotes capables de remporter 750 courses pour Honda. J’ai été très bien soutenu par eux l’année dernière et le soutien est encore meilleur cette année. C’est donc un privilège rare.
Et pour la course, je dirais simplement que cela vient. Je savais où je pouvais doubler. Dans le dernier secteur, il n’y avait presque qu’une trajectoire. Je pense que j’aurais peut-être pu doubler à l’extérieur mais c’était risqué. Et je savais que j’étais de loin le plus rapide des quatre. Donc je savais que pour que Johann fasse une tentative dans le dernier virage, il faudrait qu’il aille probablement 4/10 plus vite que moi, ce qui est beaucoup sur un secteur. Donc je ne pensais pas que cela soit possible, donc j’ai pris mon temps pour être sûr de pouvoir arrêter la moto.
Mais nous devons également donner crédit à Jack. Hier, ce qu’il a fait en qualification était excellent. Comme je l’ai dit aux médias hier, c’est mon ami et je sais à quel point ses couilles sont grosses. Mais hier, elles ont encore pris quelques tailles. Il a fait un tour incroyable et il a très bien piloté pour mener la course. Honnêtement, je pense que c’était plus facile de diriger dans ces conditions, mais il l’a très bien fait et s’est battu pour finir 4e ».

Vous dites que vous êtes confiant depuis le début du week-end et vous avez doublé Johann dans la ligne droite. Est-ce dû à un progrès de votre Honda ?

« Comme vous le savez, la Honda est une bonne moto. Mais l’année dernière, le moteur n’était pas aussi bon que cette année. Nous avons demandé à de nombreuses reprises à avoir plus de puissance et nous avons obtenu plus de puissance. Cela nous a aidé à être plus compétitifs, car vous imaginez à quel point nous devions attaquer dans les virages l’année dernière pour être compétitifs… Maintenant, nous attaquons très dur, mais comme tous les autres constructeurs dans les virages, alors que je pense que l’année dernière nous devions attaquer davantage. Maintenant, le moteur est puissant, c’est sûr, et cela rend tous les pilotes Honda davantage compétitifs sans prendre autant de risques. Et cela tient également à la réduction de cylindrée car la Honda a toujours été très difficile à piloter, nous devons beaucoup la piloter « manuellement », et avec plus de puissance, cela rend les choses encore plus difficiles. Je pense nous devons prendre moins de risques dans les virages, mais dans les changements de direction entre 2 virages et à l’accélération, c’est actuellement plus dur que l’année dernière. Mais juste dans les lignes droites, nous avons évidemment plus de puissance, comme vous pouvez le voir. J’ai été en mesure d’être compétitif et de passer Johann facilement quand j’en ai eu besoin. Mais c’est simplement un tour, je ne pense toujours pas que nous ayons la moto la plus rapide dans les lignes droites, et nous continuons à travailler en tant que constructeur, pilotes et teams, pour rendre la moto et le moteur encore plus forts ».

À quel moment avez-vous pensé que vous pouviez gagner la course ?

« En parlant honnêtement, quand j’étais sur la grille, j’ai vu qu’il était possible de gagner la course. Si je ne pensais pas qu’il était possible de gagner la course, je resterai dans le box. C’est la vérité car vous devez avoir cette mentalité, sinon vous ne gagnez pas ou vous ne finissez même pas la course. Je suis venu en Argentine en pensant que je pouvais être sur le podium ou me battre pour la victoire, donc quand j’étais sur la grille, je pensais toujours la même chose. Bien sûr, Marc a dû passer par la pit-lane et je pense que ça aurait été plus difficile s’il avait été en course, car il a été extrêmement rapide ce week-end dans toutes les conditions. Mais au final, nous avons remporté la course. Vous devez croire que vous pouvez remporter la course dès le début, sinon cela n’arrive pas. Je suis sûr que ces gars l’ont également cru, mais quand j’ai pris un bon départ et que je suis resté en 4, 5 ou 6e position, et que j’ai commencé à me battre un peu, j’ai vu qu’il était définitivement possible de gagner. Donc j’ai abattu mes cartes quand j’en ai eu besoin ».

Pensez-vous que la Direction de course ait pris la bonne décision en retardant la course et en donnant un avantage de 5 lignes à Jack Miller ?

« Je pense c’était une décision fantastique car j’ai gagné la course (rires). Je ne vais pas dire que c’était mal, je m’en moque. Au final, Jack aurait dû gagner avec cette distance…
Non, je pense avec tant de pilotes, il ne pouvait pas piloter tout seul, donc ils auraient dû faire quelque chose. Mais il a joué ses cartes. Peut-être qu’il aurait dû partir et que nous aurions suivi, je ne sais pas. Je ne comprends pas bien le règlement mais je comprends que l’on puisse être frustré par la situation car je devais prendre mon avion à 19h30, ce qui ne va pas arriver… »

1

Cal CRUTCHLOW 40’36.342   LCR Honda CASTROL

2

Johann ZARCO 40’36.593 +0.251 / 0.251 Monster Yamaha Tech 3

3

Alex RINS 40’38.843 +2.501 / 2.250 Team SUZUKI ECSTAR

4

Jack MILLER 40’40.732 +4.390 / 1.889 Alma Pramac Racing

5

Maverick VIÑALES 40’51.283 +14.941 / 10.551 Movistar Yamaha MotoGP

6

Andrea DOVIZIOSO 40’58.875 +22.533 / 7.592 Ducati Team

7

Tito RABAT 40’59.368 +23.026 / 0.493 Reale Avintia Racing

8

Andrea IANNONE 41’00.263 +23.921 / 0.895 Team SUZUKI ECSTAR

9

Hafizh SYAHRIN 41’00.653 +24.311 / 0.390 Monster Yamaha Tech 3

10

Danilo PETRUCCI 41’02.345 +26.003 / 1.692 Alma Pramac Racing

11

Pol ESPARGARO 41’07.364 +31.022 / 5.019 Red Bull KTM Factory Racing

12

Scott REDDING 41’08.233 +31.891 / 0.869 Aprilia Racing Team Gresini

13

Takaaki NAKAGAMI 41’08.794 +32.452 / 0.561 LCR Honda IDEMITSU

14

Franco MORBIDELLI 41’18.403 +42.061 / 9.609 EG 0,0 Marc VDS

15

Jorge LORENZO 41’18.616 +42.274 / 0.213 Ducati Team

16

Alvaro BAUTISTA 41’18.967 +42.625 / 0.351 Angel Nieto Team

17

Thomas LUTHI 41’19.692 +43.350 / 0.725 EG 0,0 Marc VDS

18

Marc MARQUEZ 41’20.202 +43.860 / 0.510 Repsol Honda Team

19

Valentino ROSSI 41’28.424 +52.082 / 8.222 Movistar Yamaha MotoGP

20

Karel ABRAHAM 41’40.286 +63.944 / 11.862 Angel Nieto Team

21

Xavier SIMEON 41’46.486 +70.144 / 6.200 Reale Avintia Racing

Bradley SMITH 29’19.28 Red Bull KTM Factory Racing

Aleix ESPARGARO 22’32.967 Aprilia Racing Team Gresini

Dani PEDROSA 00’00. Repsol Honda Team

Crédit photo: MotoGP.com

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