Cal Crutchlow fait partie des pilotes au gros cœur parmi le plateau du MotoGP. L’attaque, il connaît, et les chutes, il sait les collectionner. Mais c’est son style et c’est avec celui-là qu’il revendique deux Grands Prix conquis dans la catégorie reine avec une moto privée. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Anglais, il n’est pas insensible au sort de ses compatriotes et encore moins à celui d’un Sam Lowes débutant qui n’est pas un poète non plus une fois sur la moto. La preuve : il tombe aussi beaucoup.

Il tombe certes, mais à la différence du pilote Honda LCR, le débutant mais officiel Aprilia a du mal pour le moment a contrebalancer ses accidents avec de bons résultats. En Moto2, il a été l’an dernier celui qui a chuté le plus dans la saison et depuis qu’il roule avec la RS-GP, il ne se passe pas une série de tests sans faire une figure spectaculaire. Les mécanos ont du boulot et le corps de Sam Lowes est sollicité. Une spirale qu’il serait bon de calmer.

Du coup, des doutes planent sur la capacité d’adaptation du frère jumeau d’un Alex qui évolue en Superbike dans le même style. Mais Sam peut compter sur le soutien de Cal : « il est vraiment très courageux, très brave, mais il ne pilote pas une MotoGP comme il le faudrait » commente le Britannique à la fois soutien et compatissant sur Speedweek. « Mais il finira par mettre tout sous contrôle, et à partir de là, il sera rapide ».

« Cela prend du temps pour être bien avec ces motos si puissantes. Très peu de pilotes venus du Moto2 ont été d’entrée compétitifs en MotoGP ». Une remarque à placer dans une conjoncture où l’on a vu tant Johann Zarco que Jonas Folger sur leur Yamaha Tech3 dans un très bon rythme tandis que les progrès d’Alex Rins sur la Suzuki ont été remarqués à Phillip Island. Autant de pilotes qui évoluaient en Moto2 l’an passé.

« Phillip Island n’est pas le tracé idéal pour se mettre en main une MotoGP car il y a beaucoup de virages rapides. La force de Sam est d’entrer très vite dans les virages. Mais il faut qu’il montre encore un peu de patience ». En espérant qu’il n’use pas celle de ses employeurs avant de mûrir. Surtout avec un Eugène Laverty en embuscade et pilote officiel de Noale en Superbike. Sam Lowes a fini ses tests en Australie dernier de la feuille des temps et il continue à tourner avec une RS-GP version 2016.