On redoutait cette situation mais Ducati nous avait juré que ce qui s’était produit par le passé relevait définitivement de l’histoire. Quoi donc ? La greffe ratée d’un multiple Champion du Monde sur une Desmosedici. Valentino Rossi en sait quelque chose mais, entre-temps, Gigi Dall’Igna a pris ses quartiers à Borgo Panigale. De quoi convaincre Jorge Lorenzo. Qui, depuis a toutes les peines du monde à honorer son abonnement au sommet de la hiérarchie.

Le discours se veut pourtant rassurant et les moindres signes positifs mis en exergue pour sauver les apparences. Mais celles-ci sont têtues. Et lors du dernier Grand Prix d’Italie, elles se sont même révélées un peu plus cruelles.

Avec trois Ducati dans le top 5 sur un tracé du Mugello ravi de voir triompher un Italien sur une machine italienne, ce qui est une première dans l’histoire du MotoGP, rater la fête, c’est mettre en exergue ses difficultés. Or, Jorge Lorenzo a manqué l’occasion en ralliant l’arrivée huitième. Et ce n’est le feu de paille d’un leadership dans les premiers tours de la course transalpine qui va persuader de lendemains qui chantent pour Por Fuera.

Celui qui l’a connu dans les catégories intermédiaires du temps des Aprilia deux temps, et qui l’a donc vu grandir jusqu’à le convaincre de le rejoindre, ne nie pas les difficultés vécues. Ces dernières sont à ce point grandes que l’adaptation du pilote à sa machine ne suffira pas. L’Italien précise sur Tuttomotoriweb : « nous voulons changer la moto de Jorge mais ce n’est pas simple car nous sommes au milieu de la saison et nous devons comprendre ce dont a besoin Jorge. Il nous faut des idées précises pour produire les pièces qui lui seront utiles. Mais nous faisons le maximum pour lui donner satisfaction ».

Résumons : depuis le début de la saison, la Ducati ne plait pas à Lorenzo qui avait déjà alerté sur cette situation depuis l’intersaison. La mi saison approche et rien ne change. Rien ne changera d’ailleurs puisque Ducati ne sait pas ce dont a besoin son pilote et l’usine reste donc l’arme au pied. Si ce n’est pas une impasse, cela y ressemble tout de même beaucoup.

Mais Gigi Dall’Igna s’aménage tout de même une échappatoire : « nous n’avons pas besoin d’une nouvelle moto. Nous nous efforcerons de mettre Jorge dans les meilleures dispositions dans les prochaines courses pour qu’il réalise de belles performances. Peut-être que nous pourrons lui donner de nouvelles pièces après la pause estivale. C’est tout à fait envisageable ».

Mais ça reste au conditionnel et il n’y aura définitivement pas de révolution. A ce rythme, le palmarès du Majorquin risque de rester au point mort pendant un bon moment… La malédiction des Champions chez Ducati se poursuit. N’est pas Stoner qui veut.