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L’année 2018 devrait être aussi passionnante sur la piste qu’en coulisse du MotoGP. Au nouveau titre à conquérir avec les deux favoris qui ont jouté en 2017 s’ajouteront des pilotes qui devront se faire pardonner ou confirmer leur statut. Dans l’ombre, les managers se démèneront pour renouveler les contrats en fin d’échéance de leur poulain. Mais pas seulement.

Chez Yamaha, le cas Rossi va se poser avec d’autant plus d’acuité que le Doctor est aussi un patron d’écuries engagées en Moto3 et Moto2 sous le label VR46…

Et comme, qu’on le veuille ou non, la retraite approche, celui qui soufflera ses 39 bougies cette saison est attendu aussi en MotoGP pour poser le sommet de sa pyramide.

Le patron de Dorna, Carmelo Ezpeleta a laissé entendre qu’une dérogation pourrait être faite à Vale pour transgresser la règle des 24 motos convenues sur la grille de départ. Une main tendue qui ne serait néanmoins pas si facile à prendre, car d’autres acteurs auraient leur mot à dire. Des voix qu’il faudra entendre car les règles sont de leur côté…

Une situation qui pourrait alors concerner Yamaha et Tech3, selon les sites les plus sérieux qui diffusent actuellement les propos suivants attribués à Hervé Poncharal: « S’il veut venir, il devra avoir le feu vert de Dorna. Mais aussi des écuries indépendantes qui sont présentes car nous sommes liés par un accord exclusif, qui est écrit. Et à moins que tout le monde ne donne son accord, ça n’arrivera pas. Mais ça peut se passer en 2022. Nous avons un contrat avec Dorna qui va de 2017 à 2021. Personne ne peut, durant cette période, venir en MotoGP, sauf à s’appuyer sur un team déjà présent. Je ne veux pas de Rossi comme partenaire. Peut-être qu’il peut acheter Aspar, Avintia, LCR ou autres, mais je ne pense pas que ce soit ce qu’il veut ».

Évidemment, en cette période de faible actualité, le « je ne veux pas de Rossi comme partenaire » n’a pas manqué de faire un titre formidablement vendeur sur certains sites, mais nous avons préféré contacter directement le patron de l’équipe Tech3 pour qu’il nous éclaire sa pensée…

Hervé Poncharal : « tout d’abord, je n’ai pas fait d’interviews ou de commentaires sur ce sujet là depuis le Grand Prix à Valence, sauf à GPone, Paddock-GP et Speedweek. Quoi qu’il en soit, je tiens à redire ce que j’ai toujours dit, à savoir que j’ai toujours eu un énorme respect pour ce qu’a fait Valentino Rossi en tant que pilote, et aussi en tant que chef d’entreprise et en tant que patron d’équipe via ses teams en CEV, Moto3 et maintenant Moto2. Étant chez Yamaha, j’ai pu toucher du doigt l’importance que le pilote, et maintenant une entreprise comme VR 46, peut avoir pour un constructeur et des partenaires. On est très fier et très heureux de travailler pour la même usine que lui. La seule chose que j’ai dite, c’est qu’il n’y a aucune raison que Valentino Rossi ait une envie de s’associer ou de partager la gestion d’une équipe avec qui que ce soit. Y compris donc Tech3. Et que moi, de mon côté, ce qui m’intéresse dans mon métier et dans mon aventure, c’est justement le fait de pouvoir, avec les gens avec lesquels je travaille depuis très longtemps, être libres et aller là où on a envie d’aller et avec qui on a envie d’aller. C’est tout. Mais je n’ai absolument rien contre Valentino Rossi, bien au contraire. Il a toujours été très correct, agréable et ouvert à la discussion et aux échanges d’informations avec Tech3.

Je n’ai donc rien d’autre à dire si ce n’est qu’on est très heureux d’avoir fait la saison 2017 qu’on a faite grâce au support de Yamaha. Donc, encore une fois, un grand merci à Yamaha pour nous avoir permis de faire ça.

Donc si, pendant l’intersaison, des gens ont envie de monter les uns contre les autres de manière gratuite pour faire du buzz, je trouve ça un peu dommage, même si ça fait sans doute partie du monde moderne. On peut toujours être victime de ce type d’exploitation qui consiste à prendre une phrase sortie de son texte et de lui faire dire ce qu’elle ne voulait pas dire à la base. Je ne dis pas ça pour être langue de bois et je sais très bien ce qu’il faut dire ou ne pas dire aux médias. Quand je dis quelque chose, j’essaie de faire en sorte que ça ne puisse pas être interprété de façon trop différente de ce que j’ai envie de faire passer comme message. »

Donc si on résume votre pensée, vous n’avez absolument rien contre Valentino Rossi, mais c’est simplement que, par la nature même de son projet et de votre projet, le sien ne peut pas inclure Tech3 et le vôtre ne peut pas inclure Valentino Rossi…

« Absolument ! Comme je vous l’ai dit, il n’y aurait aucun intérêt. Valentino Rossi a suffisamment de poids en interne chez Yamaha et de poids vis-à-vis de ses partenaires qui le suivent pour ne pas avoir le moindre intérêt pour s’enquiquiner, et je suis poli, avec la structure Tech3 et les membres de Tech3. Quel intérêt aurait-il ? Aucun ! Il n’a pas besoin de nous, et non seulement il n’a pas besoin de nous, mais on l’enquiquinerait dans la manière dont il veut créer son équipe. Donc aucun intérêt pour Valentino Rossi de faire quoi que ce soit avec Tech3 ou de demander quoi que ce soit à Tech3, et je comprends très bien. Après il n’est même pas question de se demander si nous, ça nous intéresserait ou pas, puisqu’il n’en a pas besoin et il n’en aura jamais besoin. Valentino est un vrai leader, et en tant que leader, le jour où il fera son équipe, parce qu’il la fera, il la fera comme il a envie de la faire et avec qui il a envie de la faire. Et nous, on a rien à lui apporter et on a rien à faire là-dedans. C’est évident. Et, même si l’on ne travaille pas directement ensemble, ça ne veut pas dire que nos relations de travail ne sont pas très bonnes, ni amicales. Je n’ai jamais eu le moindre problème personnel, ni moi ni un membre de chez Tech3, avec Valentino Rossi. »

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