Un Márquez en tête du Championnat du Monde, un Pedrosa en couverture derrière les deux pilotes Yamaha au général et une paire de pilotes renouvelée jusqu’en 2018. Tout pourrait paraître dans le meilleur des mondes dans le jardin Honda. Sauf que ce n’est pas le cas.

Une fissure dans les fondations du HRC qui a été provoquée par les critiques ouvertes de l’aîné des deux Espagnols au sujet des choix techniques sur la nouvelle RC213V. Ici, c’est le moteur au caractère particulier qui a été pointé du doigt, une mécanique adoubée par Marc Márquez qui a donc été le grand décideur en la matière. Pedrosa, lui, aurait clairement choisi autre chose.

Regardons la situation de Honda au championnat. Clairement, sans Márquez, la situation serait délicate pour le premier constructeur mondial. Par ailleurs, on constate que l’écart avec ses teams satellites s’est creusé. Cal Crutchlow n’est jamais autant tombé. Il regrette dix chutes en huit courses. Et le Marc VDS Racing est loin du compte, l’exception d’Assen avec Miller et la pluie confirmant la règle.

Autrefois, les Bradl et Bautista n’étaient pas si loin des deux pilotes officiels. De quoi asseoir Pedrosa dans sa critique. Une posture dont beaucoup commencent à se faire l’écho, si bien que Márquez a décidé de réagir : « voyons voir… peut-être que les autres moteurs sont plus facilement exploitables, mais lorsque vous être moins rapide, ça ne marche pas pour autant » a déclaré le double Champion du Monde sur Sport Rider Magazine. « Nous avons testé deux moteurs à Jerez et Crutchlow l’a essayé à Phillip Island. Vous pouvez donner votre idée, mais au bout du compte ce sont les temps au tour qui décident. Et tous les pilotes Honda étaient plus rapides durant les tests avec le nouveau moteur. Avec le précédant, ils étaient plus lents ».

Voilà qui est dit. Reste que la situation de Márquez chez Honda commence à se rapprocher de plus en plus de celle d’un Stoner chez Ducati. Entendez par là qu’il est le seul à pouvoir faire gagner la marque, par ailleurs avec un châssis 2014. Une monoculture risquée de laquelle Ducati a eu du mal à se relever et qui a fini par engloutir Suter en Moto2. Quant à Pedrosa, on ne lui pas encore dit chez Honda d’aller voir un psy – comme pour Melandri lors de son passage chez les rouges -, mais il aura du mal à ne pas se résigner au rôle de faire-valoir. Mais ça, pour le coup, il l’a choisi aussi, en prolongeant de deux ans son bail.

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