Le monde des Grands Prix est un attractif miroir aux alouettes. Ceux qui y sont font tout pour y rester, ceux qui sont contraints de le quitter gardent la tête haute mais ont le moral au plus bas tandis que ceux qui réussissent de façon éclatante ailleurs ne peuvent pas s’empêcher d’en parler et d’y penser. C’est exactement le cas d’un Jonathan Rea qui est le roi en son royaume Superbike. Couvert de gloire, de titres, pilote officiel et y gagnant bien sa vie, il cause tout de même de ce diable de MotoGP et enverra son agent évaluer la situation…

Un “je t’aime moi non plus” flagrant qui apparaît dans un entretien relayé par Speedweek. La base de sa réflexion est ainsi posée : « 2018 sera l’année la plus intéressante pour mon agent comme pour tous les pilotes de pointe ».   Et il avoue son dilemme : « pour le moment je ne me vois pas piloter pour une autre usine que Kawasaki. J’y ai les meilleurs souvenirs de ma carrière. Je ne pense pas changer. Mais peut-être que j’aurai besoin d’un autre challenge à la fin de cette saison ».

Toujours tiraillé, il poursuit : « j’aime la vie du Superbike. Je gagne de l’argent en courant et en gagnant des courses. On a treize meetings dans l’année, et la pression y est moins grande qu’en MotoGP où il y a dix huit Grands Prix et bientôt même vingt et un. Je suis en Superbike depuis un moment et j’y ai toujours été bien traité par les médias. C’est comme une famille ». Donc affaire classée ? Que nenni : « d’un autre côté, je suis au sommet de ma carrière, je n’ai jamais piloté aussi bien. Alors c’est peut-être le moment de changer. On verra ».

L’Irlandais du Nord a 31 ans, certes, mais un palmarès qui mérite d’être pris en considération : 54 victoires, trois titres de rang, 556 points marqués en une saison, ce qui est un record. En 26 courses en une saison, il a grimpé sur 24 podiums. Seul Colin Edwards a fait mieux en 2002. « Peut-être qu’une opportunité va se présenter. J’ai été à Silverstone pendant le Grand Prix de Grande Bretagne. Des managers influents d’équipes très respectables m’ont dit de venir en MotoGP ».

Certes, mais Rea ne viendra pas pour jouer le fond de grille. Il a déjà fait deux Grands Prix en remplaçant Stoner sur la Honda en 2012, à Misano et en Aragon. Il s’en était très bien sorti. Et en 2018, il est sans aucun doute meilleur pilote. Alors, qui prendra le risque Rea ?