Qui est Jorge Lorenzo ? On l’a vu il y a un peu plus d’un an jouir de la vie dans une villa luxueuse remplie de victuailles, de sulfureuses créatures tandis que, de ci de là, on découvre qu’il ne boude pas la belle voiture. Une existence somme toute normale d’un champion moto déjà titré cinq fois alors qu’il n’a pas atteint ses 30 ans. C’est aujourd’hui un pilote Ducati avec un contrat estimé à 24 millions d’euros. Mais on se trompe. Por Fuera n’est pas un épicurien. A en croire CorsediMoto, ce sera même un ascète.

Le Majorquin aux 65 victoires sur 251 Grands Prix accomplis va attaquer sa seizième campagne. Une saison particulière puisque le voilà leader de l’usine Ducati qui est sevré de couronne depuis 2007. Mais qui redresse la tête. La preuve avec ses deux victoires prises l’an dernier. Pour remplir l’objectif, et qui plus est au guidon de la versatile Desmosedici, il faut du sérieux. Le couche-tard et fêtard Iannone a donc été prié d’aller voir ailleurs.

A la place a été installé un Lorenzo gardien de musée. La période des vidéos Monster n’aura été qu’un écart, un malentendu. Voici le Por Fuera de ce millésime. Son contrat Ducati ne fait que dix-huit pages alors que ceux de ses collègues en font au moins cinquante. Et pour cause : il n’y a pas de mentions d’avions privés dedans concernant les déplacements. Pas besoin lorsque l’on vit à Lugano.

Il passe son temps à parfaire sa condition physique, à manger très équilibré et à penser à sa Ducati. D’ailleurs il appelle nuitamment son équipe pour discuter jusqu’aux millimètres de la position de son numéro que le carénage. La compétition et rien que la compétition, une dévotion pour une vie de moine.

Celle-ci n’est partagée qu’avec trois hommes : Enrique Pintor, qui lui donne de quoi s’habiller pour grimper sur la moto, Claudio Scribano le masseur et Ivan Lopez l’entraîneur physique. Autour du champion, une bulle. Pas question de se laisser distraire et surtout pas par une femme. Sa famille c’est son équipe qui l’apprécierait déjà plus que Troy Bayliss ou Casey Stoner. En avouant ainsi tant de sacrifices, on espère pour lui qu’il touchera à la félicité.