Jorge Lorenzo chez Ducati sera un des paris que l’on suivra cette saison en MotoGP. Un challenge pour les deux parties qui se sont donné les moyens pour se réunir. A tel point que le titre mondial ne peut être qu’un objectif logique. Mais ce n’est pas tout de s’être mariés en grande pompe. Encore faut-il à présent être prêts pour la vie de couple. Et la réponse sera dans la façon de piloter la GP17.

L’enjeu est connu : s’adapter à une Desmosedici au caractère fort après avoir connu la docilité d’une Yamaha. Le tout alors que l’on a soi-même un style de pilotage bien particulier, par ailleurs pris comme modèle par les nouveaux venus dans la catégorie que sont Zarco, Folger, ou encore Rins. Un trio qui n’a pas caché vouloir prendre le Majorquin comme référence.

Or ce style tout en fluidité conviendra-t-il à une Ducati qui aime le défi physique ? Tant Iannone que Dovizioso ont montré que freiner tard était une bonne recette pour pousser l’italienne dans ses derniers retranchements. Une implication qui a aussi usé les organismes, si l’on en juge par l’état d’épuisement des pilotes de Borgo Panigale dans certains rendez-vous de l’an passé.

Dès l’arrivé de Por Fuera chez les rouges, le maître des lieux Gigi Dall’Igna a promis que sa nouvelle recrue n’aurait pas à changer sa technique, puisque l’objectif à atteindre dans la conception de la GP17 est un comportement au point de corde plus serein. Et si ces buts ne sont pas tout à fait atteints ? Le quintuple Champion du Monde ne se fait pas trop de mouron sur le sujet.

Ce dernier rappelle en effet qu’il a déjà vécu dans sa carrière une situation similaire. Et il s’en était très bien sorti. Il explique sur crash.net : « nous voilà revenus au temps de la 250cc » annonce-t-il en faisant référence à sa situation en 2006 : « j’avais alors piloté deux motos différentes. La Honda et l’Aprilia. Avec la Honda j’ai dû m’adapter en freinant plus tard et en prenant moin de vitesse en courbe. Soit exactement l’opposé de l’Aprilia ».

« Je pense qu’avec la Ducati, ce sera la même situation. Elle a un autre type de moteur avec bien plus de puissance et plus de stabilité dans les lignes droites. Peut-être que si on travaille encore sur cette stabilité on pourra freiner comme avec la Yamaha. Mais en ce qui me concerne, je garderai plus ou moins la même technique : la précision, la concentration, la douceur et la vitesse en courbe ».

On rappellera que le règlement 2017 a castré la Ducati de ses ailerons. Ce qui a révélé une moto plus physique et moins sûre selon les premiers essais effectués. Lors des tests privés de Sepang, on a vu une Desmosedici équipée d’un boitier à l’arrière et d’un échappement revu et corrigé, sans parler des roues pleines. Les essais officiels débuteront en Malaisie le 30 janvier.