C’est toujours en direct sur l’antenne d’Eurosport, mais cette fois juste avant le départ du Grand Prix d’Espagne, que Laurent Fellon a développé ses propos légèrement accusateurs prononcés la veille à l’encontre de Valentino Rossi (Voir ici).

Ceux-ci avaient d’ailleurs suscité une réponse de l’intéressé lui-même (voir ici) et peut-être est-ce pour cela que l’ami, l’associé et le manager personnel de Johann Zarco a tenu à mieux s’expliquer.

Malgré une petite pique contre certains intervenants d’Eurosport, le discours est donc plus positif, avec deux déclarations importantes à retenir : Valentino Rossi a raison de faire ce qu’il fait, et Johann Zarco sera champion du monde avec KTM !

On ne demande bien sûr qu’à le croire, mais au-delà de ça, on comprend mieux comment a été prise la décision de signer avec KTM (en fin d’année dernière), les places chez Yamaha étant déjà réservées, la fierté empêchant de retourner chez Suzuki, et ne souhaitant pas jouer les seconds rôles chez Honda.

Eurosport: On aimerait savoir ce qui a été le fait déclencheur qui a poussé Johann Zarco à signer chez KTM ?

« En fin d’année, il a été premier Rookie sur une Yamaha. On attendait que Yamaha viennent nous voir et on a attendu un moment. Personne n’est venu nous voir. Cela veut dire qu’il n’y avait pas d’intérêt à l’égard du pilote Johann Zarco. Après, les signatures se sont faites. Vinales a signé avec Yamaha juste au Qatar. Après, ça a été Valentino qui a fait traîner, mais c’était comme ça. Il a signé et c’était logique. Après, on s’est retrouvé avec Honda qui nous a fait une proposition, mais une Honda à côté de Márquez, c’est un peu faire du Pedrosa. Et ce n’est pas bon. Et Suzuki, on n’y était, et ils ont préféré prendre Rins et Iannone.
Donc un moment, il y a un constructeur qui s’appelle KTM qui veut Johann Zarco et qui croit beaucoup en Johann Zarco, qui veut être champion du monde avec Johann Zarco et qui a les moyens, puisqu’il faut savoir aussi qu’il sponsorise aussi Honda, puisque c’est Red Bull. La moto : les 2 pilotes qui étaient sur la moto de Tech3 sont sur les KTM. À une époque on disait que la moto de Tech3, puisqu’elle n’a pas changé, c’est une 2016, les suspensions c’est toujours les mêmes, il n’y a eu qu’une évolution de 500 tours de mieux grâce à monsieur… Eric de Seynes qui a un peu poussé de chez Yamaha (ndlr : là, il convient de préciser que Laurent Fellon a rappelé téléphoniquement les journalistes d’Eurosport pour corriger son erreur, l’obtention des 500 tours/mn supplémentaires étant entièrement le fruit du travail d’Hervé Poncharal). Parce qu’il faut savoir qu’Éric a toujours fait le maximum pour nous, pour essayer qu’on ait un guidon Yamaha, parce qu’il nous soutient depuis le début. En plus, KTM, chaque fois qu’ils ont mis leur doigt, ils ont été champions du monde. On a été dans le team où était Oliveira. On a vu arriver la moto et Johann l’a testée. Il a été agréablement surpris, avec une moto qui au début était 5 km/h moins vite, et a roulé avec la moto2 aussi fort qu’avec sa Kalex. C’était en 2016. KTM est une équipe de passionnés qui croient beaucoup en Johann. Ça c’est très important. Et moi je crois aussi que Johann peut être champion du monde chez KTM. Et l’année prochaine, allez, disons qu’il fasse les mêmes résultats qu’avec la Yamaha, parce qu’elle est à peu près comme la Yamaha, et peut-être l’année d’après gagner des Grands Prix. Peut-être qu’en milieu de saison on gagnera déjà des Grands Prix ».

N’avez-vous pas été un peu vexé par le manque d’intérêt du team officiel Yamaha ?

« Pas vexé. C’est une stratégie. Plein de gens disent que c’est de la politique. Moi je ne fais pas de politique : j’ai un pilote, j’essaie de faire le mieux pour mon pilote. Auparavant, il y a eu plein d’histoires. Vous savez, il y avait des gens sur votre plateau qui croyaient que Johann Zarco devait monter en MotoGP. À un certain moment il y a eu des barrages et je suis content d’avoir fait des barrages pour rester en Moto2. Il fallait qu’il apprenne, et ne pas sauter les étapes. Si je vous dis qu’on va chez KTM et qu’on sera champion du monde, je fais le pari tout de suite : on sera champion du monde ! Et là, tout le monde dira qu’on est les plus grands et les plus beaux. L’important, il faut penser au pilote et à la personne qui est sur la moto. Ça c’est le plus important. Et Johann Zarco, s’il est bien entouré, il a le potentiel d’être champion du monde.
Après, tout le monde se voile les yeux, mais Vale est très intelligent. Il a une école avec des gamins. D’ici 2 ans vous croyez qu’il va y avoir qui sur sa moto ? Il va y avoir un italien la prochaine fois. Nous, on veut une moto officielle. Même si vous avez une moto officielle dans un team satellite, ça sert à rien. Ce n’est pas pareil, vous êtes encore dominés. Donc nous on veut une équipe qui soit derrière, qui veut être champion du monde, et plein de choses. Et KTM a le potentiel d’y arriver. Il travaille beaucoup, ils font ce qu’il faut, et dans chaque catégorie ils ont été là ».

Peut-être que Johann Zarco fait peur à Valentino Rossi et que celui-ci a œuvré en coulisse…

« C’est qui qui commande chez Yamaha ? C’est Yamaha ou Valentino ? Je vous pose la question. Moi je pense que c’est l’inverse. Valentino est quelqu’un de très passionné et de très chauvin. Il a raison d’être comme ça car si nous, en France, on était aussi chauvin, on aurait peut-être plus de Français sur les pistes de moto. Lui, il a fait son école et dans 2 ans il va arrêter. Il va mettre un italien sur la Yamaha officielle, parce qu’il sait que la moto est très très bonne. Donc il a raison d’agir comme ça. Ça fait un moment que j’avais vu cette situation, j’ai vu comment ça se passait, et je voulais une bonne moto pour Johann. Si c’est pour encore attendre… on attend, on attend, on vieillit et ça ne se passe pas. Johann a encore 2 ou 3 années, et s’il a une moto officielle, qu’il peut se bagarrer devant, avec l’engouement de Red Bull et de KTM qui veulent faire tout pour Johann, vous aurez la surprise ! »

Les choses ainsi explicitées, le regard doit maintenant se porter sur la saison présente, avant de se tourner plus tard vers l’avenir et ce challenge, certainement difficile mais très excitant.

Source et crédit photo : Eurosport