Après avoir raté le retour de Jorge Lorenzo au sein de la nouvelle structure SIC-Petronas (voir ici), et après avoir longuement négocié (en vain?) avec Dani Pedrosa, Lin Jarvis n’exclut plus fournir une moto d’usine à celui que l’on suppose être Franco Morbidelli… si Petronas paye ce qu’il faut.

Mais attention, il y a moto d’usine et moto d’usine, comme l’explique le responsable du programme MotoGP chez Yamaha dans Motorsprint, et la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain…


Une troisième moto officielle, que Tech 3 a toujours demandé mais n’a jamais eu, serait-ce possible ?

Lin Jarvis : «Le paysage a changé ces derniers temps, il y a des constructeurs avec deux pilotes officiels et une troisième moto d’usine. Petrucci avec la Ducati-Pramac en est un bon exemple, aussi parce que nous parlons d’une usine avec plusieurs pilotes sous contrat. La KTM fournira à Tech 3 les mêmes motos que l’équipe officielle, mais pour une autre raison ».

Qui est ?

« KTM est en MotoGP à un niveau de développement encore embryonnaire, alors que nous avons beaucoup plus de motos compétitives, et donc les moyens matériels de l’année précédente peuvent garantir la compétitivité. C’est pourquoi nous fournissons habituellement la moto avec les dernières spécifications de l’année précédente, c’est une moto “garantie”. La KTM est en pleine progression, et ne peut pas fournir sa propre moto avec les spécifications de l’année précédente, car leur évolution est beaucoup plus rapide. Pour cette raison, il est raisonnable, de leur point de vue, de prévoir quatre motos égales; cela les aidera à accélérer le développement. C’est le meilleur moyen de collecter des données et des indications. Je pense même que c’est l’usine qui est pressée d’avoir une équipe satellite ».

Le problème est-il lié aux coûts ?

« Si vous voulez la dernière évolution, et c’est également le cas chez Ducati et Honda, les prix sont différents. Pour parler de façon directe, vous recevez ce que vous payez. Habituellement cela dépend tout d’abord d’un fait: aurons-nous une équipe satellite ou non ? Et alors, cette équipe sera-t-elle solide financièrement ? À ce stade, l’équipe sera en mesure de décider quelles spécifications utiliser. Nous pouvons fournir différents niveaux de spécifications suivant le budget ».

Petronas dispose de plusieurs millions d’euros et d’un plan pluriannuel : elle exige un contrat de six ans et veut une spécification “usine” pour Franco Morbidelli. Serait-ce possible ?

« Vous pouvez fournir une moto de haut niveau. Ce qui n’est pas possible, cependant, c’est de garantir le même processus de développement. À mon avis, une maison ne peut pas développer quatre motos et offrir les mêmes garanties à tous les pilotes en même temps. Nos énergies, au moins la plupart du temps, sont concentrées sur l’équipe officielle, dans laquelle nous avons déjà deux pilotes sous contrat avec du matériel de premier niveau. Et nos sponsors savent qu’ils ont signé des accords qui fournissent le top pour l’équipe officielle. Nous pouvons donc fournir différentes spécifications pour notre équipe satellite, si elles ont davantage d’argent à investir. Nous pouvons fournir le soi-disant package A. Un package du plus haut niveau, mais le retard dans le développement resterait ».