Qu’on se le dise, l’été de Lin Jarvis est déjà gâché. Le dernier Grand Prix d’Allemagne a été désastreux pour ses troupes Yamaha qui ont bu la tasse sous la pluie du Sachsenring après avoir pris l’eau sous les averses d’Assen. Au championnat, ses pilotes officiels perdent pied, le tout alors que cette saison s’annonçait comme un long fleuve tranquille pour une M1 reconnue comme bien plus en forme qu’une Honda RC213V. Mais le seul Marc Márquez a fait boire la tasse.

A priori, ce n’était pas la mer à boire. Des Ducati toujours soumises au supplice de Tantale et des Honda qui, avec la nouvelle électronique et les Michelin, calent. Tout était réuni pour que cette saison soit pour les trois diapasons de la balle. L’entame de campagne a été intéressante au point qu’au Grand Prix de France, on a vu la maison Honda vaciller. Puis dès le meeting suivant, tout s’est renversé. De l’Italie à la Germanie, en quatre Grands Prix, Marc Márquez a récolté 85 points pendant que Lorenzo en prenait 32 et Valentino Rossi 33.

Pire, les circonstances ont démontré des faiblesses inquiétantes. Une casse moteur pour Rossi et une pluie qui dissout la compétence d’un Lorenzo qui soigne ses statistiques en matière de chute. Face à un MM93 solide, l’addition a été salée et si, chez les pilotes, Por Fuera est repoussé à 48 points et le Doctor à 59, côtés constructeurs, Honda colle d’un point Yamaha au général. Heureusement, Pol Espargaró mène au classement des indépendants, mais c’est une bien maigre consolation pour un Lin Jarvis qui a du mal à cacher sa colère.

Dans les colonnes de motorlands.eu, il se lâche : « notre situation ? Nous avons fait trop d’erreurs, voilà tout. Des soucis techniques, et notamment avec le moteur au Mugello, nous ont coûté 25 points. En Allemagne, nos pilotes ont chuté sept fois, dont Jorge à trois occasions. Au Sachsenring, notre stratégie n’était pas parfaite. Pendant ce temps, Marc Márquez a été irréprochable. Il était sixième sous la pluie, neuvième lorsqu’il a repris la piste ». Puis il a filé vers la victoire que l’on sait.

Un état des lieux en forme de mea culpa. La volonté, aussi, d’exorciser et de tourner la page de cette première partie de saison pour repartir d’une feuille blanche en vue de la seconde mi-temps : «j’espère que ça ira mieux en effet et que nos rivaux auront aussi leur lot de soucis. Renverser la situation est encore du domaine du possible. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible. Nous avons fait neuf courses et nous sommes 48 et 59 points derrière Márquez. C’est mathématiquement faisable. Beaucoup de points restent à prendre. Mais ce sera dur. Car Márquez tire toute la quintessence d’une moto qui n’est pas facile à piloter ». Alors que ses pilotes sont moins performants sur une moto plus facile ? Yamaha, on a un problème.