Avec à présent 59 points de retard sur un Marc Márquez sûr de son fait, Jorge Lorenzo peut-il encore espérer garder sa couronne mondiale ? Il reste sept Grands Prix à disputer, ce qui est à la fois beaucoup et peut paraître pas assez. Surtout si la pluie s’invite à nouveau. Un vrai problème pour Por Fuera qui n’arrive pas à faire confiance à ses Michelin dès l’averse tombée.

Sous la pluie Lorenzo prend l’eau. Durant les trois Grands Prix marqués par des conditions déplorables, Por Fuera a sombré. Dixième à Assen, quinzième au Sachsenring et carrément dix-septième à Brno. Mais paradoxalement, c’est peut-être en République Tchèque qu’il a commencé à entrevoir une solution à son problème sur piste humide. Car avant son arrêt dû à un pneu avant parti en lambeau, il était dans un bon rythme retrouvé. Ceci dit, ce qui compte, c’est le résultat. Et il n’est guère réjouissant.

A Brno sur une piste qui s’asséchait, le Majorquin a usé jusqu’à la corde un pneu avant tendre alors qu’il restait encore sept tours à parcourir. Lors des autres épreuves arrosées, il n’est jamais arrivé à user ce même pneu avant sur un bitume cette fois détrempé foulé avec un enrobé moins tendre. C’est la synthèse entre ces deux cas que Lorenzo doit trouver. Son homme lige dans le box Wilco Zeelenberg explique sur crash.net : « il est clairement en manque de sensations avec le pneu avant pluie Michelin. Il n’est comme le Bridgestone qui lui offrait plus de sensations ce qui lui permettrait d’aller jusqu’à la limite. Il n’use pas le Michelin, même le tendre, et ce pneu offre une bonne adhérence. Mais il ne le sent pas. C’est difficile à expliquer, même pour lui ».

Le souci majeur se situerait  donc plutôt dans la tête du pilote. Ce dernier néanmoins pense aux réglages : « peut-être qu’à Brno, j’ai franchi un cap. Il faudra vérifier ça à la prochaine occasion de ce type de course. Je ne consomme pas le pneu avant tendre Michelin alors que j’usais le dur Bridgestone. Il faut se forcer pour trouver vraiment la limite, se dire que l’on ne va pas tomber et aller freiner plus fort encore. A Assen et au Sachsenring, j’ai sans doute trop chargé l’avant dans mes réglages et l’arrière était comme sur le sec. Reste que l’avant bouge beaucoup ce qui ne m’incite pas à repousser mes freinages. Je commence néanmoins à le faire et pour le moment, je ne chute pas. On travaillera ça la prochaine fois sous la pluie et on verra ».

La confiance, toujours, a aussi été dans l’équation qui a amené à son arrêt en course à Brno : « lorsque vous vous souvenez de ce qui est arrivé à Loris Baz lors des tests à Sepang et à Scott Redding en Argentine, et que vous commencez à avoir d’étranges sensations avec le pneu, votre instinct vous ordonne de vous arrêter. Ce que j’ai fait. Il restait sept tours. S’il n’y en avait eu que deux avant l’arrivée, je serai resté sur la piste ». Entre Lorenzo et Michelin, sous la pluie, c’est une question de confiance.

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