En marge du Grand Prix du Qatar qui marquait le lancement de la saison des Grands Prix, Dorna l’organisateur et la FIM étaient heureux de convier les pilotes à une opération de sensibilisation de lutte contre le dopage. Une manière, aussi, de bien communiquer sur le sujet et de revendiquer un sport propre. On en serait resté là si Cal Crutchlow n’était pas venu mettre son grain de sel en clamant à qui voulait l’entendre que tout ça, c’était de l’esbroufe. Pour résumer la pensée de l’Anglais, des dopés en GP, il y en a, et des contrôles, il y en a très peu. Un pavé dans la marre qui fait sortir de sa réserve le patron de la fédération internationale, Vitto Ippolito.     

Le Président de la FIM aurait pu être agacé par la prise de position du pilote LCR. Mais au lieu de ça, il choisit d’utiliser la puissance de l’offensive pour l’absorber et la retourner en direction de la cause : « plutôt que de nous nuire, les propos de Cal Crutchlow nous aident au contraire » assure-t-il sur GPOne. « Il faut effectivement plus de contrôles et ça montre que la majorité des pilotes sont d’accord. Ainsi Marc Márquez serait le premier volontaire déclaré à se faire contrôler tous les jours. Et c’est parce qu’il veut montrer que ses performances sont propres ».

Alors, où est le souci ? « C’est l’entourage des pilotes qui freine. Ils ont peur qu’on vienne réveiller les pilotes au milieu de la nuit et ainsi les perturber. Dans un monde idéal, il faudrait pouvoir contrôler tous les pilotes et dès la Moto3. Mais pour le moment, nous nous concentrons à l’élite qu’est le MotoGP. C’est l’exemple à regarder et à suivre. Lorsque vous êtes au sommet, vous pouvez être contrôlé systématiquement ».

Le principe est donc affirmé, mais les écueils sont aussi avoués. Il y a donc du travail à faire. Crutchlow, enfin, a pointé du doigt une préparation artificiellement aidée pour récupérer plus vite et perdre du poids.

On rappellera le cas d’Anthony West. Contrôlé positif à un stimulant (méthylhexanéamine) au Grand Prix de France en mai 2012, Anthony West a été condamné à 18 mois de suspension rétroactive par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Le pilote australien de Moto2, 32 ans, avait d’abord été suspendu un mois par la Fédération internationale de motocyclisme. Mais l’Agence mondiale antidopage (AMA) a estimé que l’Australien méritait deux ans de suspension comme prévu par le Code mondial antidopage et fait appel devant le TAS, qui lui a donné en partie raison.