Depuis qu’il a passé en vainqueur un Grand Prix des Pays-Bas de MotoGP bien arrosé, Jack Miller boit du petit lait. Pas que, certes, puisqu’il se dit que bières et Téquila ont longtemps coulé à flot dans le team Marc VDS du côté d’Assen. Mais ce qu’a réalisé le jeune Australien en Moto3 est en plus d’être un exploit sportif un joli pied de nez aux théories qui veulent qu’avant d’accéder à l’élite, il faut faire ses classes dans les deux autres catégories.

Ceci dit, il n’aura fallu qu’un seul dimanche particulier pour les remettre en cause. Car jusque-là, et depuis plusieurs mois, Jack Miller était exactement l’exemple à ne pas suivre. Honda, qui avait engagé ce pari d’installer dans la catégorie reine un pilote venu de la Moto3 commençait même à se voir accuser d’avoir sacrifié un talent en devenir. Une ambiance qui minait jusqu’au moral pourtant d’acier du pilote Marc VDS sous contrat HRC : « à un moment, vous commencez à vous remettre en question. Vous vous demandez ‘Est-ce que j’ai ma place à un si haut niveau de compétition ? » avoue l’intéressé sur MotoGP.com. « Bien sûr, tout le monde a le droit de se poser des questions à mon égard et au sujet de notre projet mené en MotoGP. Tous y croyaient mais peut-être que certains commençaient à douter ».

Il était donc temps de concrétiser. Et cette victoire va changer la donne : « Ça me rendra peut-être plus calme, mais hormis ça je continuerai de travailler et d’aborder les choses de la même façon ». Une méthode qui va être maintenant regardée de manière positive. Il s’en amuse d’ailleurs et profite à présent de sa position pour insister sur le fait qu’il n’y a pas de recettes miracles ni de parcours idéal : « je pense comme ascension directe en MotoGP a été un avantage. Mon équipier Tito a été sacré Champion du Monde Moto2 et il s’est battu durant trois saisons avant d’y parvenir. Le voir éprouver autant de difficultés comme ce fut le cas lors de mon arrivée en MotoGP, vous montre bien à quel point c’est difficile. Je ne pense pas que la catégorie ‘d’origine’ importe autant. Du moment que vous avez la bonne attitude et méthode de travail, tout est possible ».

Il est vrai que l’on peut s’y perdre. Toni Elias était venu du MotoGP pour conquérir un titre en Moto2 qui lui avait permis de revenir dans une catégorie reine où il n’a ensuite connu que des déboires. Marc Márquez s’est révélé d’entrée et de la plus belle des manières auréolé de son titre en Moto2. Son frère Alex souffre en Moto2 malgré son titre mondial en Moto3. Stefan Bradl s’apprête à quitter la scène malgré son statut d’ex-Champion du Monde en Moto2. Au milieu de ça, on a un Bradley Smith qui à force de travail et d’encadrement par Tech3 a fini par se révéler. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Reste qu’avec cette première victoire, Jack Miller a acquis sa légitimité en MotoGP. Et il peut être serein car il sera encore là en 2017 : « je me sens comme chez moi au sein du team et je suis très content de rester avec eux en 2017. Je pense qu’ils m’apprécient également. Tout se passe en tout cas très bien. Ils sont très ouverts, ils veulent m’aider de tous points de vue. Je suis très content d’être là ». La prochaine épreuve aura lieu au Sachsenring. L’an dernier, Jack Miller avait terminé son Grand Prix d’Allemagne quinzième en partant de la dix-huitième position.

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