Le directeur sportif du team LCR Honda s’est entretenu avec Motociclismo au lendemain du Sachsenring afin d’évoquer le départ à la retraite de Pedrosa, la baisse de régime de Zarco, les problèmes de Dovizioso et ce qui attend Lorenzo sur la Honda.


Bien évidemment, ce qui a marqué le week-end du Sachsenring c’est l’annonce du départ à la retraite de Dani Pedrosa. Le connaissant de longue date, Óscar Haro, directeur sportif de LCR Honda, lui a également rendu hommage : « Tous les pilotes voulaient être Dani Pedrosa. Il a inventé une technique de pilotage : dans les changements de direction il faut beaucoup de force dans les bras et les jambes pour bouger la moto. Il n’y parvenait pas et l’a fait avec des coups de gaz. On peut le critiquer pour ne pas avoir remporté de titre MotoGP, mais il a permis à Honda de remporter beaucoup de titres constructeurs, tout comme il a participé à faire évoluer la moto. Cela a été très beau de voir la façon dont les gens lui ont rendu hommage, à commencer par ses adversaires. Tout le monde s’est très bien comporté avec lui. Je lui souhaite de profiter de la vie. J’aimerais bien qu’il ait des projets d’école afin d’entraîner les enfants, ou alors pilote essayeur du HRC ou d’une autre marque, mais il ne faudrait pas qu’il quitte ce milieu car c’est une légende. »

En ce qui concerne les Grands Prix en eux-mêmes, il n’a échappé à personne que Johann Zarco et Andrea Dovizioso rencontraient une période difficile. D’un côté, le Français est monté en puissance durant les premières courses jusqu’à sa chute au Mans qui a marqué un frein dans sa saison : « On ne parle pas beaucoup de la baisse de régime de Johann Zarco depuis qu’il a signé avec KTM. C’est hallucinant. J’imagine que, lorsqu’un pilote s’en va, les usines ne souhaitent pas lui communiquer trop d’informations et il se passe un peu cela… Mais il faut quand même se battre pour le championnat des constructeurs. »

De l’autre, l’Italien, malgré sa victoire au Qatar, n’a jamais vraiment été en mesure de se battre aux avant-postes et comptabilise plusieurs erreurs en courses : « Andrea Dovizioso était le leader de l’équipe jusqu’à ce que Lorenzo se réveille, et depuis la victoire de celui-ci au Mugello, Dovizioso n’est plus le même. Pourtant les motos sont bien là, il n’y a qu’à regarder la course qu’a fait Danilo Petrucci. Sans parler d’Álvaro Bautista ! Tout est dans la tête. Si tu n’es pas à 110%, cela ne fonctionne pas car il y a 18 pilotes qui se tiennent en une seconde. »

Enfin, l’arrivée de Jorge Lorenzo chez Honda l’année prochaine continue de faire beaucoup parler. Beaucoup se demandent s’il sera en mesure de s’adapter à cette moto réputée singulière, qu’Óscar Haro connaît bien, lorsqu’il la découvira : « Jorge Lorenzo va prendre peur. Enfin, disons qu’il va voir la différence entre la Honda et la Ducati. Il s’est passé la même chose avec Crutchlow, lorsqu’il est arrivé de chez Ducati. Il a vu à quel point la moto est particulière. Avec le style de pilotage de Márquez, la Honda est devenue de plus en plus agressive. Le pneu dur avant est l’unique façon de la faire tourner. C’est à cela que Lorenzo va avoir le plus de mal à s’habituer. Il se passera cependant avec lui ce qu’il s’est passé avec Crutchlow : Honda écoutera un autre pilote moins radical que Márquez pour ouvrir deux voies de travail. »

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