Lorsque Valentino Rossi et Yamaha ont annoncé leur nouvelle union pour deux ans, certains ont pensé à un accord d’estime susceptibles néanmoins de mettre l’usine d’Iwata en péril en se refusant la jeune génération pour les saisons à venir. A commencer par Johann Zarco. Mais au soir de ce Grand Prix du Qatar, force est de constater que le Doctor n’est pas là pour la bagatelle. Troisième de cette première joute de l’année, il a donné une nouvelle leçon de comment tirer le meilleur parti de son matériel un poil moins bon que celui de la concurrence.

Au terme du samedi, Vale s’était déclaré moyennement satisfait de l’équilibre d’une Yamaha mise sur la troisième ligne alors que la machine sœur satellite trônait au sommet de la grille de départ avec un nouveau record du tracé à la clé. L’équipier d’un Viñales plus mal en point promettait alors un changement de réglages durant la nuit et à l’aube d’un dimanche dévoué à la course, le miracle a eu lieu.

Ce n’est pas la première fois qu’il nous fait le coup, mais on en reste toujours étonné. Il détaille : « on a d’abord cherché à préserver le plus possible le pneu avant et j’ai perdu de la vitesse pour me retrouver sur la troisième ligne. Alors on a choisi une autre voie en se disant que si le pneu ne le supportait pas, hé bien ce serait tant pis ».

Partant de là, Rossi a adapté son pilotage pour que le pari ait des chances de succès : « le matin, je me suis bien senti avec les nouveaux réglages et j’ai senti que je pouvais faire une bonne course. Je suis heureux de cette troisième place, car elle a été construite et elle est méritée. Le podium de l’an passé était différent, car c’était une surprise ».

« Cette fois, on a été performant. Le moment clé a été le départ et les premiers tours. J’ai réussi mon départ et j’ai pu ainsi ensuite gérer, jusqu’à pouvoir partir avec Dovizioso et Marquez. Je suivais Zarco et je ne voulais pas le passer. J’ai fait une erreur à un moment en étant surpris par la vitesse à l’aspiration. Márquez et Dovi en ont profité et Petrucci a aussi essayé, mais j’ai pu rétablir la situation ».

« Sinon, durant les 22 tours, j’ai piloté avec précision, sans jamais exagérer, en ayant en tête de toujours préserver mes pneus ».  Et Vale enfonce le clou : « cette moto va bien en entrée de virages et dans les changements de direction. Lorsque vous la bougez avec le poids, elle est rapide et réactive. Il faut travailler ses qualités car en termes d’accélération, on est inférieurs à la Honda et à la Ducati. Mais ça fait un moment que je dis qu’il faut exploiter cette voie pour espérer continuer à jouer avec eux ».

En préservant ses pneus au départ, Viñales a fait une belle remontée pour finir sixième. En les sollicitant d’entrée, Zarco a mené la course avant de devoir rendre la main à cinq tours du but. Rossi, lui, a fait la synthèse et il est monté sur le podium.

MotoGP #QatarGP Losail J.3 :  

1 4 Andrea DOVIZIOSO Ducati 42’34.654
2 93 Marc MARQUEZ Honda +0.027
3 46 Valentino ROSSI Yamaha +0.797
4 35 Cal CRUTCHLOW Honda +2.881
5 9 Danilo PETRUCCI Ducati +3.821
6 25 Maverick VIÑALES Yamaha +3.888
7 26 Dani PEDROSA Honda +4.621
8 5 Johann ZARCO Yamaha +7.112
9 29 Andrea IANNONE Suzuki +12.957
10 43 Jack MILLER Ducati +14.594
11 53 Tito RABAT Ducati +15.181
12 21 Franco MORBIDELLI Honda +16.274
13 19 Alvaro BAUTISTA Ducati +19.788
14 55 Hafizh SYAHRIN Yamaha +20.299
15 17 Karel ABRAHAM Ducati +23.287
16 12 Thomas LUTHI Honda +24.189
17 30 Takaaki NAKAGAMI Honda +24.554
18 38 Bradley SMITH KTM +31.704
19 41 Aleix ESPARGARO Aprilia +34.712
20 45 Scott REDDING Aprilia +37.641
21 10 Xavier SIMEON Ducati +46.706
Not Classified
44 Pol ESPARGARO KTM 7 Laps
42 Alex RINS Suzuki 10 Laps
99 Jorge LORENZO Ducati 10 Laps