Romano Albesiano est le directeur sportif d’Aprilia, un poste qu’il a pris à la succession d’un certain Gigi Dall’Igna, parti chez Ducati.  Un départ qui s’était fait en pleine gloire des titres en Superbike pour la firme de Noale qui, depuis, s’est engagée en MotoGP avec la RS-GP, délaissant quelque peu la RSV4, reine en mondial en 2010, 2012 et 2014 avec Max Biaggi, sans oublier la consécration de 2015 avec Sylvain Guintoli. Mais depuis 2015, c’est plus dur…

Une difficulté qui s’exprime aussi dans une singularité : Aprilia est le seul constructeur à ne pas avoir son team usine. Sa structure en MotoGP repose en effet sur celle de Fausto Gresini. Une situation qui fait dire que les moyens mis en œuvre par la marque du groupe Piaggio sont juste suffisants. Une théorie qui prend de l’ampleur au fur et à mesure que les saisons s’écoulent. Si, en effet, la RS-GP, progresse, elle reste dans le ventre mou du championnat. Pire, en 2017, elle a été battue par la débutante RC16 d’une usine KTM, qui, elle, ne cache pas vouloir se donner tous les moyens pour réussir.

Au bilan Romano Albesiano n’a pas vraiment la partie facile. Mais pour autant, il défend le modèle et interprète différemment les résultats de ses troupes : « Il est vrai que KTM a marqué plus de points que nous, alors félicitations à eux. Mais notre moto s’est montrée intrinsèquement meilleure et nous avons manqué de chance avec la blessure de notre seul pilote performant » rappelle l’Italien qui garde sa conviction : « nous sommes là pour battre tout le monde et je suis à l’aise avec mon poste et notre politique ».

En 2018, la campagne se fera avec Aleix Espargaró et le nouveau venu Scott Redding, dont les premiers résultats, lors des tests, n’ont guère impressionné : « Il a analysé notre moteur et il est heureux de ses performances en ligne droite. C’est la preuve que nous ne manquons pas de puissance, mais plutôt d’accélération. Il faut aussi trouver le bon équilibre de la moto ». Au sujet du moteur, le dernier né de Noale n’apparaîtra qu’à la dernière minute au Qatar : « l’an dernier, nous avions ignoré certains avertissements, et c’est parce que nous manquons d’expérience. Nous voulons repousser les limites et nous apprenons » commente l’Italien sur ce délai.

Et sur les moyens attribués au projet ? « Je ne sais pas quels sont les moyens des autres, mais le principe est que plus on en a, mieux c’est. Nous sommes soutenus par tout un groupe qui apprécie ce que nous apportons à Aprilia. Il apprécie aussi notre niveau en MotoGP, catégorie qui est la plus difficile de la compétition. Nous ne manquons pas de budget. On peut être très compétitif avec ce budget. Alors il ne peut pas être une excuse ».

Voilà qui est dit. Il faudra cependant que les résultats arrivent dans une saison où l’occasion de convaincre un bon pilote sur marché des transferts existe : « nous déciderons de ce sujet en avril » a promis Romano Albesiano qui assure que le schéma mis en place avec Gresini ne sera pas remis en cause : « nous nous concentrons sur la technique tandis qu’ils ont une longue expérience de la compétition et du milieu ». Certes, mais ce n’est pas avec un tel montage que l’on se facilite la vie lorsque l’on dit chercher une structure satellite…