Fort de trois titres mondiaux Superbike en 2010 (Max Biaggi), 2012 (Max Biaggi) et 2014 ( Sylvain Guintoli), Roberto Colaninno, le patron du Groupe Piaggio décide de s’attaquer à nouveau officiellement au championnat du monde MotoGP en 2015.

Une équipe d’usine est donc constituée avec Alvaro Bautista et Marco Melandri, mais ce dernier fait preuve de tellement de mauvaise volonté qu’il est remplacé en cours de saison par Stefan Bradl.

2016 voit la reconduction de ce duo mais les 145 points qu’il rapporte semble encore insuffisant à Romano Albesiano, le boss du programme MotoGP, qui tente le pari de rajeunir ses troupes, tout d’abord en embauchant Sam Lowes, puis Aleix Espargaro.

Au terme de la saison, en fait avant même celui-ci, l’emploi du Britannique est considéré comme une erreur et, pour 2018, Scott Redding lui est substitué.

Le responsable MotoGP de la firme de Noale revient sur le sujet pour le site Speedweek.

Romano Albesiano: « Bautista était très bon, Bradl aussi. Ils ont fait du bon travail. En 2016, nous avions un solide duo de pilotes. Avec Bautista nous avons eu beaucoup de chance, il est venu chez nous quand le projet a commencé. Il est passé d’une moto plus ou moins Superbike à une moto de GP décente. A la fin de l’année 2016, nous étions toujours dans le top 10, Bautista nous a beaucoup aidés.

Pour passer à l’étape suivante, nous avions besoin de quelqu’un qui connaissait d’autres marques. De plus, la vitesse d’Aleix correspondait. Au début d’un projet, vous devez pouvoir vous comparer avec d’autres constructeurs, sinon vous ne savez pas où vous en êtes. Aleix nous a aidés avec ça. La moto s’est améliorée, il n’arrêtait pas de nous pousser. Aleix est un pilote de haut niveau, sa vitesse est très élevée. »

Rétrospectivement, était-ce une erreur pour vous d’avoir échangé Bautista et Bradl après la saison 2016?

« Nous avions déjà signé Sam Lowes un an auparavant, nous voulions un jeune pilote. Puis on a eu la chance d’avoir Aleix. Nous connaissions les risques de ce changement, mais nous les avons pris. La décision était juste, Aleix montre parfaitement le niveau de notre moto. »

Mais pourquoi avoir donné une place en MotoGP à Sam Lowes ? Sauf en devenant champion du monde Supersport en 2013, il a toujours été un pilote qui chute…

« À ce moment-là, nous n’étions pas prêts pour un rookie, mais nous aurions eu besoin de pilotes expérimentés qui auraient pu développer notre moto. Nous pensions que nous étions déjà plus avancés dans notre développement. Avec un jeune pilote, vous pouvez avoir de la chance ou pas. Scott Redding est encore jeune, mais il a beaucoup d’expérience au plus haut niveau avec d’autres constructeurs. »

Vous avez négocié pour 2018 avec Cal Crutchlow, Danilo Petrucci, Jack Miller et Bautista, et ils ont tous annulés. Pourquoi?

« On n’a jamais négocié avec Miller. Chacun des autres nous a annulés pour différentes raisons. Certains ont reçu beaucoup d’argent des autres équipes, mais nous ne pensons pas qu’ils en valent la peine. »