Après les essais post-GP de Valence et les tests privés à Sepang, Valentino Rossi avait confirmé l’idée que les M1 2018 s’appuieraient davantage sur celles de 2016 que sur celles de 2017 souffrant davantage sur les pistes à l’adhérence médiocre.

Valentino Rossi : « Nous avons finalement tourné avec la moto de 2016. Nous sommes tous d’accord pour dire que la 2017 a été un peu moins bonne. Mais nous attendons toujours la nouvelle moto. Il y aura quelque chose d’intéressant pour février. Le point de départ sera la moto de 2016. On va changer la répartition des masses, la position du moteur et utiliser une rigidité différente. » (voir ici)

Il n’y a évidemment aucune honte à cela et on se souvient encore que Marc Márquez a utilisé un châssis 2014 jusqu’à fin 2016…

Avec la même honnêteté, Suzuki s’apprête maintenant à utiliser la même démarche concernant ses moteurs.

On l’apprend dans une très intéressante interview de Davide Brivio publiée par le site Crash.net.

Vous avez parlé de la mauvaise sélection de moteurs pour cette année. Pour 2018, reviendrez-vous à quelque chose de similaire à la philosophie du moteur de 2016 ?

Davide Brivio: « Nous aurons une sorte de, je ne sais pas si nous pouvons l’appeler un «nouveau moteur», mais disons une nouvelle évolution du moteur. Nous n’utiliserons pas les spécifications 2017 dans certains domaines où nous pensons que cela a créé un problème.

Ainsi, le moteur de 2018 est un autre moteur, avec, espérons le, une meilleure performance et plus de puissance. Il sera similaire au 2016 en termes de concept, mais ce ne sera pas le moteur 2016 complet. Je serais très inquiet !

Ce sera un moteur 2018 utilisant l’expérience que nous avons acquise. Nous ne pouvons pas oublier que nous sommes seulement dans notre troisième saison et que nous avons aussi eu quelques difficultés supplémentaires. Si vous voulez le dire de cette façon, nous n’avons eu que deux saisons et ensuite nous avons perdu les (avantages des) concessions.

D’un point de vue, c’est bien car cela signifie que nous avons obtenu de bons résultats, mais d’un autre côté cela nous a mis dans une situation où nous avons dû geler la conception du moteur et faire moins de tests, et ceci a été une autre complication ».

Dans le paddock, il se murmure que Suzuki a alourdi son vilebrequin en 2017 pour favoriser la traction en sortie de virage. Mais qu’ils auraient été trop loin dans ce sens, ce qui nuit aux entrées en virage et au passage dans ceux-ci.

La firme d’Hamamatsu retournerait donc en arrière et aurait trouvé un bon compromis qui semble avoir été essayé avec succès lors de ses tests privés en Aragon.

Mais règlement et perte des avantages liés aux points de concession obligent, il faudra donc attendre les premiers Grands Prix de 2018 pour en voir les bénéfices en piste…