Yonny Hernandez a fêté ses 28 ans le 25 juillet dernier et ils n’ont pas été tant que ça à penser à lui. Mais il n’est pas du genre à s’arrêter à ces détails. Pilotes du clan Ducati passé de Pramac à Aspar, il mesure le parcours accompli jusqu’au MotoGP. Rien ni personne ne le prédisposait à une telle carrière. Qui est encore loin de son apogée.

Si vous pensez que les trajectoires de Cal Crutchlow ou de Sam Lowes sont originales, que  l’ascension d’un Jack Miller est particulière ou encore que le trajet d’un Petrucci est incomparable, attendez de voir comment Yonny Hernandez en est arrivé là. Colombien de Nationalité, il sort d’un pays à la culture moto confidentielle. Il s’est formé à 14 ans en faisant des courses de rue, sa famille n’était nullement impliquée dans le milieu du deux-roues motorisé. Il a quitté ses quartiers de Medellín pour atterrir en Espagne où il s’est aguerri en motocross et en Supermoto. C’est là qu’il se fait remarquer par un style particulier qui lui ouvre les portes de la piste : « en Supermoto je posais mon genou par terre et en motocross je sortais beaucoup la jambe. On m’a dit d’essayer le circuit et voilà » se rappelle l’équipier d’Eugène Laverty.

« J’ai fait un championnat à Madrid que j’ai gagné avec de l’avance. Puis j’ai eu une offre pour faire le championnat d’Espagne en Supersport. J’ai fait un podium dès ma première course. En sept courses, je suis monté quatre fois sur le podium mais j’ai aussi chuté trois fois alors que je luttais pour des places aux avant-postes. J’ai eu l’occasion d’aller en Moto2. Ce que j’ai fait ». Nous sommes en 2010 et Yonny Hernandez devient le premier Colombien à courir dans le Championnat du Monde. Il se classe deux fois dans le Top 10. Il continue son apprentissage chez Blusens-STX en 2011.

Il signe ensuite avec Avintia Racing pour piloter une CRT en MotoGP en 2012. Malgré quelques bonnes courses, le Colombien quitte son équipe et rejoint Paul Bird Motorsport pour évoluer sur une ART en 2013. Hernández quitte cependant PBM avant le Grand Prix d’Aragón pour saisir l’opportunité de remplacer Ben Spies chez Ignite Pramac Racing et de faire ses débuts sur prototype. Il manque de justesse une place en Q2 et termine l’épreuve du MotorLand en douzième position. Il continue chez Pramac en 2014 pour courir sur la nouvelle Ducati Open et est confirmé dans le team italien pour 2015, aux côtés de Danilo Petrucci, avant de rejoindre l’Aspar MotoGP Team, pour continuer sur GP14.2, pour 2016.

Un parcours fulgurant : « je suis fier d’être l’unique Colombien et le seul pilote Sud-Américain du plateau. Cela me donne de la force et de la motivation pour toujours donner le meilleur de moi-même ». Une abnégation qui a bien failli payer lors du dernier Grand Prix des Pays-Bas. Une course arrosée à Assen que Yonny a mené pendant neuf tours avant de partir à la faute : « je n’ai pas ressenti quelque chose de particulier sur le coup » s’amuse-t-il. « J’étais sur mon rythme, je dépassais des pilotes et je me suis retrouvé en tête. J’étais concentré et j’avais de quoi certainement faire un podium ».

Mais ça ne l’a pas fait et Hernandez n’a que trois points à son compteur au championnat : « nous manquons de réussite et nous ne sommes pas où nous devrions nous trouver. C’est ma saison la plus compliquée en MotoGP. Je travaille bien et je suis compétitif lors des essais mais les choses ne tournent pas bien en course ». Mais il ne lâchera rien : « parfois je me demande comment j’ai pu arriver à ce niveau alors qu’il y a seulement quatre ans je roulais encore dans les rues colombiennes. Mais je compense ce manque d’expérience par un travail acharné. Ce que je suis aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’il y a trois ans. Mon équipe est expérimentée, elle m’aide beaucoup. J’apprends de mes rivaux, de mes erreurs, je suis toujours sur la télémétrie, je regarde les vidéos, j’étudie tout ce que je peux étudier. Et je remercie la providence de m’avoir donné les capacités d’être là ». Impossible n’est pas Colombien.

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